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04/08/2017

RÉVOLUTION ET MOUVEMENT SOCIAL

Alarme N°12 Juin 1981

Lorsqu'on se réclame du socialisme scientifique, cela implique qu'on doit à partir de la situation objective présente, déduire les tâches révolutionnaires concrètes du prolétariat
 Or examinions cette situation objective, nous remarquons que le capitalisme n’a plus aucune raison d'être, qu’il est totalement réactionnaire ; en effet pour les révolutionnaires, le seul critère de progrès d'une société d'exploitation de l'homme par l’homme, ne peut être que la construction des conditions objectives permettant son dépassement révolutionnaire, et la construction rapide d'une société progressive. C'est à dire qu'une telle société n’est progressive que lorsqu’elle construit ces conditions objectives, mais existant encore une fois ces conditions crées, elle devient réactionnaire. Dans le cas qui nous intéresse: le capitalisme, les conditions objectives sont donc, un monde unit par les rapports capitalistes dans lequel le prolétariat est une force internationale potentiellement puissante et capable de détruire le capitalisme; et des forces productives suffisamment développées, le monde est unit depuis le début du siècle, et le prolétariat a prouvé sa capacité à abattre le capitalisme et à construire le communisme, par la vague révolutionnaire de 1917-1937. Les conditions objectives sont présentes depuis le début du siècle, et donc depuis lors ce système est en décadence.

Sur cette base le prolétariat a des tâches précises à réaliser, l'économie capitaliste étant totalement réactionnaire, le capitalisme en tant que système social étant totalement caduc, la révolution, est maintenant seule à l'ordre du jour, devra directement s'attaquer aux bases économiques de ce système. Or ne pas donner les tâches concrètes du prolétariat à notre époque, parlé de révolution et de généralisation des luttes, ne suffit pas.

Le communisme ne tombe pas du ciel, le mouvement qui y mènera, devra passer sur le corps de tous les problèmes que rencontre le prolétariat face au capitalisme. Il devra donc saisir toutes les données, toutes les possibilités de la situation objective, et les exploiter à fond. Il en découle des tâches de notre époque. Alors ou est le matérialisme si l'on s'arrête à la généralisation des luttes, élections des délégués (hors du syndicat bien sur) révocables à tout instant...Si au lieu de se battre pour donner un contenu de classe aux luttes, avec des tâches précises à réaliser, on se concentre sur les formes de luttes.

Les socialistes utopiques n'étalent pas utopiques parce qu’ils imaginaient une société qui ne correspondait pas au communisme, ils étaient utopiques car leurs idées n'étaient pas basées sur la réalité objective. Ne cherchant pas à savoir quelle est la force capable de renverser le capitalisme et de construire une société humaine, ils pouvaient encore moins élaborer des tâches basées sur la réalité concrète, que cette force aurait dût faire sienne. Autrement dit, aujourd’hui, il ne suffit pas pour être matérialiste de lutter pour une société qui soit celle pour laquelle ont lutté les premiers socialistes scientifiques, il faut lutter pour des réalisations concrète du prolétariat en lutte, et qui de plus ne soient pas en deçà, mais correspondent aux possibilités et nécessités que le capitalisme à fait mûrir.

Non, il ne s'agit pas d'affirmer que c'est le prolétariat qui trouvera lui même ses revendications, et que de proposer et de se battre pour des revendications précises serait, de la part des révolutionnaires, vouloir enfermer le mouvement dans un schéma (n’y aurait-il pas alors pas schéma dans: "conseils ouvriers" ou "délégués révocables à tout instant" et dans ce cas pour éviter les schémas: attendre et se taire, mais alors à quoi ça sert d'être révolutionnaire.)

En effet, si nous sommes d'accord sur le fait que les révolutionnaires font partie du prolétariat, il faut alors considérer toutes les implications de cette affirmation. En tant que frange la plus consciente du prolétariat, les révolutionnaires sont conscients non seulement de l'objectif à atteindre, mais aussi des moyens qui y mènent, c'est à dire du mouvement que prendra sa pleine amplitude n'aura la puissance nécessaire qu'avec les revendications correspondant aux possibilités historiques. D'où l'importance des révolutionnaires dans la luttes pour impulsée un combat pour les tâches de notre époque. Ceux qui parlent de mouvement sans parler des réalisations concrètes que le mouvement révolutionnaire devra effectuer, au risque de se détruire en tant que mouvement révolutionnaire, limitent leur intervention à un slogan "Abolition du salariat", vidé en grande partie de son contenu.

Ouvrons ici une parenthèse.

Sur les tâches de notre époque apportons de plus quelques précisions. Si la conscience révolutionnaire n'apparait pas brusquement comme conscience révolutionnaire nette dans la majorité de la classe, nous rejetons aussi tout gradualisme dans la formation de cette conscience car, l'accumulation et la centralisation élargie du capital redoublent, proportionnellement à elles mêmes, la dépendance matérielle et culturelle du prolétariat. Et de ce fait, la conscience révolutionnaire se développera, progressera par bond, à de larges franges de la classe, que lorsque le prolétariat en mouvement s'attaquera à cette accumulation, pour en finir avec elle. Et c'est donc dans cette optique, qu'il faut comprendre les tâches de notre époque; et non pas comme un gradualisme qui permettrait une formation "scientifique de la conscience". En effet si nous rejetons le gradualisme dans la formation de cette dernière, nous rejetons aussi la formation “scientifique" de la conscience. Car sinon le facteur subjectif, sans lequel jamais le prolétariat ne pourrait s'affirmer en fait, serait réduit au néant au profit du seul facteur objectif, nécessaire mais non suffisant. En effet, nous nous réclamons du socialisme scientifique, et donc nous savons que le moteur de l'histoire est la lutte de classe; en conséquence, nous ne pouvons que rejeter une formation "scientifique" de la conscience car la dernière classe de l'histoire, en développant radicalement cette lutte, deviendra sujet de l'histoire; et donc sa conscience loin d'être le résultat d'une réaction chimique inéluctable, se développera sur les ailes de la subjectivité révolutionnaire.

Refermons ici cette parenthèse.

Pire si loin de spécifier les tâches révolutionnaires concrètes de la classe, sont repoussées catégoriquement les tâches liées au fait que les conditions objectives sont mures. "Et donc que le capitalisme en tant que système social économique, et pas seulement politique, n'a plus aucune raison d'être. Et cela sous le prétexte que le communisme n'est pas possible dans un seul pays" Bien sur, que cette phrase est vraie, elle veut dire que le communisme ne sera réalisé que lorsque les classes auront été détruites, que lorsque l'exploitation de l'homme par l'homme aura disparue et donc que lorsque les unités d'exploitation que sont les nations auront été détruites. Et cela parce qu’aujourd’hui communisme et capitalises sont, des systèmes totalement antagoniques qui ne peuvent donc pleinement se réaliser, qu'en ayant radicalement détruit le système opposé.

Ceci étant dit, ce sera un mouvement, et pas un décret qui fera passer la société de l'état capitaliste, à l'état d'équilibre stable: le communisme. Ce mouvement passera par des états totalement instables; "Dans aucune révolution on ne peut observer «le juste milieu", car sa loi naturelle exige une décision rapide « de deux choses l'une: ou bien la locomotive escalade la côte historique à toute vapeur, ou bien, entraînée par son propre poids, elle redescend la pente jusqu'au point d'où elle était partie entraînant avec elle dans l'abime tous ceux qui tenteraient, à l'aide de leurs faibles forces, de la retenir à mi chemin. (Rosa Luxembourg, dans «la révolution russe").

Cette côte historique sera escaladée à toute vapeur, que si le prolétariat lutte pour des revendications qui correspondent exactement aux possibilités et nécessités historiques. Les états instables seront caractérisés par l'irruption violente, du prolétariat, dans tous les domaines: social et politique, qui tentera de réorganiser la société suivant ses intérêts. Par exemple, pour la révolution Russe, pour reprendre les termes de la citation, la locomotive s'écrasa en 1921 avec l'introduction de la N.E.P. qui libéra les relations marchandes et remis au premier plan la plus-value. Les états instables qui précéderont cette chute, furent par exemple: communisme de guerre, qui bien que cette révolution prolétarienne ne fut que politique, et non pas sociale, contenait à l'état de germe l'attaque de la plus-value, dans la mesure où cette dernier avait perdu son rôle prépondérant en faveur des rémunérations ouvrières. 

Et pour conclure sur ce dernier sujet: Sous prétexte de ne pas faire le communisme dans un seul pays, il ne s'agit pas de conserver le capitalisme dans tous les pays. Construire le communisme dans une seule nation est une impossibilité, car la nation n'existe qu'en tant qu'unité d'exploitation. Détruire le capitalisme, c'est à dire, sans attendre la révolution politique internationale, s'attaquer partout à son système nerveux: la plus-value, s'attaquer au sur travail social avec l'objectif de se le réapproprier (Voir dans "Pour un second manifeste communiste", les tâches de notre époque: "Toute augmentation de la production sa valeur actuellement) qu'elle provienne d'un plus grand rendement de l'ouvrier ou d'un perfectionnement technique, doit revenir collectivement aux ouvriers qui en sont les auteurs, en attendant que la classe toute entière décide de sa répartition, ...), et donc de le faire disparaître en tant que sur-travail social, est une nécessité historique.

En conséquence, le lieu où éclatera la révolution sociale ne sera pas un pays communiste parmi d'autre pays, capitalistes eux.

Ce sera l'endroit ou auront été déracinées les bases du capitalisme, et ou auront surgit les bases de la production et de la distribution communiste, entouré-- par les nations capitalistes, unies contre la révolution .Ce sera le lieu qui, ou bien s'étendra aux principaux pôles industriels, et de là au monde entier, ou restant isolé par manque de solidarité internationale sera détruit d'une manière ou d'une autre. Prétendre qu'aucune mesure économique socialiste, ne peut être appliquée dans un cadre réduit, c'est ne pas avoir compris que le pouvoir ouvrier n'est pas qu'une simple forme, nais qu'il est essentiellement un contenu. C’est ne pas avoir compris que le prolétariat ne se mobilise pas en premier lieu pour prendre le pouvoir, mais pour lutter contre sa situation d'exploité; et que ce pouvoir, il en a besoin pour en finir avec elle c'est un moyen, et non un but. Si l'on affirme que le prolétariat, par la révolution, s'affirme en tant que sujet de l'histoire, c'est à dire d'une manière consciente, on affirme par là même que ce dernier va combattre tous les rapports de la société qui  l’exploite. Sans quoi il restera objet soumis à l'exploitation qui ne peut être qu'extérieure à lui, il ne serait qu'un sujet décapité et donc facilement malléable. Car n'oublions pas que ce sont les rapports de production, qui déterminent les relations sociales, et non l'inverse.

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Il n’était pas d’usage au sein du F.O.R de signer les articles d’ALARME ni ceux de la revue L’ARME DE LA CRITIQUE, l’usage sera donc respecté. Pour ceux et celles qui ont été familiarisées avec les textes du F.O.R il sera facile d’en reconnaître l’auteur tant par le style que sur le fond.

09/06/2017

CES TACHES QUI NOUS INCOMBENT

La bourgeoisie s'acharne depuis des siècles à se maintenir, à maintenir les conditions qui nous contraignent de vendre notre force de travail pour un salaire de misère et qui lui permettent de nous jeter dans une misère plus grande encore au cas où elle n'aurait plus besoin de nous pour la servir. Notre condition d'existence est donc liée aux aléas économiques de ce système ou encore comme dans les siècles passés au bon vouloir du maître "le grand bourgeois", c'est pourquoi la "précarité" est fille de "l'esclavage salarié", tel est notre condition sociale dans le rapport de domination de cette classe de bourgeois . Cela étant dit, si le salariat a pu se maintenir malgré les deux boucheries mondiales et autres turbulences économiques jusqu'au siècle dernier, ce n'est plus vrai aujourd'hui. 

INSÉCURITÉ ET ANGOISSE,  QU'ILS AILLENT SE FAIRE FOUTRE !

Les nouveaux moyens de production et leur technique se dispensent d'une main-d’œuvre qualifiée, ce qui engendre un rapport de domination sans précédent dans l'histoire de l'humanité ouvrant paradoxalement l'ère de la "modernité" en ce qui concerne "les moyens de production" d'une classe bourgeoisie "décadente". Décadente dans le sens ou le système économique qu'elle s'est donné est en complète inadéquation avec les forces de productions  "le prolétariat" et les moyens des productions. 

Comprendre que le capital n’est pas un "propriétaire" mais une notion économique, un rapport social : celui qui s’établit entre la classe qui achète la force de travail et la classe non-propriétaire qui est obligée de vendre sa force de travail parce c’est son unique moyen de subsistance. Ce conflit devient donc socialement ingérable pour la classe bourgeoise et la totalité de son système. Cette société ayant atteint l'extrême limite de son projet historique, toute tentative de sa part pour se maintenir ne peut se faire qu'au détriment absolu des forces productives, "le prolétariat", d'abord par la précarité et dans un second temps, si rien ne l'arrête avant, la pire des paupérisations ou la pire catastrophe  mondialisée. 

Lorsque nous disons que les forces productives, "le prolétariat", dans l'économie capitaliste sont devenues excédentaires par rapport aux performances de nouveaux moyens de production, nous ne disons pas, comme le font certains intellectuels bourgeois, que le prolétariat n'existerait plus, bien au contraire. Le capitalisme a besoin de l’existence d'un prolétariat (cela n'implique pas le plein emploi) pour produire la plus-value et ainsi assurer sa survivance. Nous affirmons seulement, que les conditions objectives, sont non seulement réunies pour une transformation radicale de la société, mais que faute d'une révolution sociale, les tâches historiques qui incombent au prolétariat, ne peuvent que se retourner contre lui !

Nous rappelons ici, que le prolétariat n'est révolutionnaire qu'historiquement, d’où l'extrême importance pour les communistes révolutionnaires d'œuvrer de toutes leurs forces de toutes leurs convictions, à se faire entendre auprès de notre classe, en tout lieu et par tous les moyens, combattre les pacificateurs syndicaux, les dénoncer et pour ce qu'ils sont, des parasites grassement payés au service du consensus, c'est-à-dire de la bourgeoisie !


AUX CONTRATS TRÈS FLEXIBLES, QU'ILS AILLENT SE FAIRE FOUTRE !

Aujourd'hui, l'inaction de la classe ouvrière peut se comprend par la situation générale des salariés devenus tous "précarisable". La peur d'être du jour au lendemain précarisée, alors que nos situations se dégradent de jour en jour par le chantage à l'emploi, l'augmentation du temps de travail non payé, l'accroissement des cadences, les brimades et les menaces de délocalisation,et autres dépôt de bilan. Malgré ce constat de dégradation de nos conditions qui s'amplifient et qui finiront inéluctablement par jeter une partie d'entre nous dans cette précarité, nous sommes bien obligés de constater que ce poids pèse psychologiquement sur l'ensemble de la classe ouvrière et atteint  son objectif, engendré la "soumission"… Alors qu'en réalité, c'est l’ensemble des pays impliqués dans l'enfumage de la" mondialisation" qui sont en proie à la précarité.

Que l’on songe à l’Allemagne et aux « mini-jobs » rémunérés à 1,5 euro de l’heure, que l’on pense au Portugal les fameux « reçus verts », des emplois précaires qui ne donnent droit à aucun jour de congé, ou les employés doivent payer eux-mêmes leurs charges sociales, ou à l’Espagne où nombre de personnes qui hier encore travaillaient, avaient un logement se sont retrouvées au chômage et à la rue. Cette situation vaut plus encore pour la Grèce où des économies financières drastiques reposent sur les plus démunis de notre classe. En Italie, ou chaque mois, on voit l’éclosion de nouveaux contrats exceptionnels : « Contrat de projet », « contrat intermittent », « prestation de services »… Des contrats de merde, pour mieux camoufler la précarité de l’existence et, mieux nous berner par des statistiques mensongères ! En France en février 2017, d'après le rapport complet de la DARES, de onze pages, et étudié scrupuleusement par www.agoravox.fr. D'après leur calcul, nous serions plus de 11 millions de demandeurs d'emploi en France, et de travailleurs pauvres occasionnels. Inutile de préciser que pour les officines de l'état, nous ne serions à peine 4 millions ! 


TOUT COMBAT QUI CE FRACTIONNE DE SON UNITÉ DE CLASSE
 EST VOUÉ A L'ÉCHEC

K.Marx dans sa polémique avec P-J Proudhon, voyait dans " la misère, le côté révolutionnaire, subversif, qui devait renverser la société ancienne”. Citation maintes fois reprises, comme un psaume par tous les curetons de la théo-marxologie. Nous réfutons ces présupposés, et posons la question suivante "Que pourrions-nous attendre de la subversivité venue de la misère? Et que serait la conscience révolutionnaire de cette partie de la population?

Combien de révoltes conduites par des "miséreux" avons-nous vues écrasées par les pouvoirs et leurs forces de répression spécialement conçue pour en venir à bout ! Nous ne devons pas attendre que la misère engendrée par la précarité fractionne notre classe en nous désocialisant et nous écrase sans avoir livré le moindre combat. Si la misère avait les vertus que Marx lui prêtait, nous ne serions pas  à palabrer sur l'urgente nécessité de la révolution sociale. Nous, nous préférons le poing levé de la lutte et de la colère à celle de la main tendue de la misère, prête à vendre son âme au démon bourgeois pour un écu.

 Les tâches des communistes révolutionnaires sont plus que jamais nécessaires, elles doivent être axées sur l'unité internationale de notre classe, ce qui est d'autant plus difficile, qu'aujourd'hui, cette situation de "précarisable" et précarisé(e)s paralyse toute unité d'action et plus encore celle de la solidarité de classe, C’est au sein même de la classe dont nous faisons partie que doit se trouver les lignes de rupture avec les chaînes des "consensus des syndicats et du Capital". Pour établir de nouveaux rapports sociaux, les attaques contre le capitalisme doivent déjà contenir la finalité de ce pourquoi nous luttons, "la révolution sociale".  

Aujourd'hui, un vaste champ d'action s'ouvre à nous avec la disparition physique des philistins de l'aile gauche du capitalisme, nous devons tout mettre en œuvre pour constituer un véritable pôle d'action sur une base claire (à définir) pour que chacun d'entre nous puisse agir et intervenir dans toutes les luttes (des tracts pourraient être publiés sur le net et mis à la disposition de tous) nous devons être prêts, nous savons que ce gouvernement avec la complicité des syndicats vont magouiller notre sort en coulisses et que ces mêmes syndicats auront encore le toupet de nous la jouer dans leur éternelle mascarade de manifestation, si nous sommes, ce que nous prétendons être, alors nous devons plus que jamais agir et réagir vite, non seulement pour que notre classe se réapproprie de ses luttes, mais qu'elle s'affirme et s'émancipe de toutes les entraves, en premier lieu celle des syndicats ! Ne renvoyons pas notre classe dans les ténèbres pour des siècles et des siècles, telle est la responsabilité qui incombe aux communistes révolutionnaires, telle est la responsabilité de son avant-garde.

L'ÉTAT DES LIEUX  EST SANS APPEL

Les réformes que veut faire passer ce gouvernement et la classe qu'il représente, sont des réformes sur ses faiblesses, l'inadéquation de son système social fondé sur l'exploitation d'une majorité de travailleurs, s'effrite de jour en jour par une somme de disposition qui ressemble plus à des soins palliatifs qu'a de véritables solutions devenue caduque. Face a des stratégies capitalistes qui n'ont que faire de la nation ; sous-traitance, délocalisation d'unités de production, la course folle vers des contrées où les coûts de production sont les moins chers, mais qui s'épuisent au bout de quelques années. L'état n'est là que pour renflouer les pertes financières ponctionnées sur le dos de la classe ouvrière et par des endettements… qu'aucun d'entre eux ne sera en mesure de rembourser ! Quant à la réforme du code du travail qu'ils veulent faire payer sur le dos de la classe ouvrière, est une autre solution envisagée pour pallier la désorganisation sociale autant que structurelle d'un capitalisme mondialisé. 

CEUX QUI CHERCHENT UN CONSENSUS AVEC LE CAPITAL, TRAHISSENT LA CLASSE OUVRIERE!

Les revendications qui seraient susceptibles de déboucher sur une conscience plus large auront toujours nôtres appui. Il ne s’agit pas là d’une hiérarchisation, mais nous renonçons de raisonner en termes de défense des droits acquis, car le travail de sape des syndicats et des résidus de l'aile “gauche bourgeoise“ sera alors trop facile de répondre « qu’ils sont eux-mêmes désolés, mais que la crise fait qu’il faut négocier, qu’on a plus les moyens, on a pas trop le choix, ou encore qu’il faut savoir arrêter une grève et accepter de travailler plus pour être de moins en moins rémunérées », si non que l'entreprise va se délocaliser" on connaît la chanson maintes fois reprise en chœur par le patronat et les syndicats, sauf que cela n'empêche pas les délocalisations ou la fermeture par dépôt de bilan, et que comme a chaque fois, nous nous retrouvons être les dindons de la farce… 

Chantage et manipulation ont pour objet nous monter contre nos frères de classe d'une autre partie du monde. Le fait de nous opposer aux capitalismes lorsqu'ils délocalisent leurs unités de production ne doit pas laisser à penser que nous nous opposons à nos frères et sœurs de classe, là ou le capital décide de s'installer, bien au contraire, nous devons leur faire connaitre ce qu'il adviendra lorsqu' à leur tour, ils subiront le même sort ! L'aspect de lutte ne doit pas voiler notre internationalisme prolétarien partout ou on essaye de nous mettre en concurrence "notre classe est une et indivisible". Ceux qui appellent à des revendications constructives ceux-là ne sont pas nos frères de classe. On nous fait marcher avec les serviteurs du capitalisme, ceux qui maintiennent la lutte du prolétariat dans des limites acceptables pour la bourgeoisie. 
La seule réponse que la classe ouvrière doit porter aux attaques de la bourgeoisie, est de répondre par une autre attaque d'une toute autre envergure, nous ne devons pas être sur la défensive, mais bien de passer à l'offensive. À la réforme du code du travail, la classe ouvrière doit orienter la plus pertinente de ses attaques. 
" La répartition du travail entre tous, actifs et chômeurs, avec une réduction massive du temps de travail et sans diminution de salaire. " Cette dernière vise à la fois à la recomposition de l'unité prolétarienne et la nécessité de la révolution sociale. Certes, là n'est pas le sésame, mais nous défions toutes les crapules de reprendre à leurs comptes de telles perspectives ! Cet ultimatum n'est ni économique ni démocratique, il est social et nous ne demandons pas mieux qu'il soit dépassé. 
 
Les reproches qui nous sont maintes fois formulés sont ceux de « notre volontarisme de mettre en avant la nécessité de la révolution sociale » et de négliger les luttes revendicatives d’ordre économique ou pseudo-démocratique !  Autrement dit, eux“ seraient des réalistes et “nous“ des doux rêveurs “idéalistes“ ! Nous répondons à nos détracteurs pour l'unième fois, de quelles revendications parlez-vous ? - celles qui consistent à réclamer ce qui étaient hier considérés comme acquissent et qui ont été reprissent l'avant vieille par la bourgeoisie ? Sinon de quoi parle-t-on ! 

Les tâches des communistes révolutionnaires sont de faire en sorte de mettre en avant ce qui s'inscrit vers notre émancipation et non à ce qui nous lie à l'esclavage salarié. Lorsque le prolétariat s'oppose aux licenciements, il ne cherche pas à s'émanciper de son esclavage, lorsqu'il défend la conservation du code du travail, il ne fait que défendre la réglementation bourgeoise de son exploitation, etc. Cela ne signifie pas que ces revendications n'auront pas notre soutien, mais ce soutien ne peut se dispenser d'être critique, quel que soit le résultat, ce qui sera gagné en matière de lutte (autre que la solidarité dans la lutte) sera si tôt perdu en termes de droit. (La bourgeoisie ne renoncera jamais à récupérer par le droit ce qu'elle a perdu par les luttes ouvrières. 
UN PEU DE MARXISME, ET ÇA REPART !

La praxis considère dans une unité indissoluble le projet d'émancipation, la critique de l'existant (au sens marxiste, c'est-à-dire en tant qu'ensemble des conditions d'existence) et la connaissance de la réalité à transformer. Il s'en suit la nécessité pour les communistes d'avoir toujours à l'esprit une solidarité critique des luttes de sa classe. Rappeler sans cesse qu'en système capitaliste, rien n'est acquis en terme de droit mais obtenu en terme de lutte et donc un éternel combat, mais surtout un éternel recommencement qu'il ne s'agit pas d'oublier. 

En effet, au moment où les conditions matérielles objectives sont réunies pour là transformation communiste de la société, tout organisme de masse qui se maintient en période de "paix sociale, comme par exemple les syndicats asservisseurs, spécialistes du consensus " est forcément réactionnaire. En effet, la révolution sociale étant elle seule à l'ordre du jour, une organisation prolétarienne dès qu'elle acquiert une certaine influence l'utilise pour détruire le capitalisme et donc empêche là "paix sociale ". Les révolutionnaires doivent donc combattre toute idée d'appui même critique au syndicat, mais au contraire les démasquer, les combattre et s'organiser sur des positions révolutionnaires qui conjuguées à l'action de classe sont seules garantes de l'unité prolétarienne, de la révolution et du communisme.

Le capitalisme est de mort lente, capable de nous entraîner dans son tombeau, une chose est certaine, c'est qu'il ne nous remettra pas les clefs de la boutique sans rien tenter, alors aidons le à crever !

A BAS LE SYSTÈME CAPITALISTE !
VIVE LA RÉVOLUTION SOCIALE  INTERNATIONALE 
PROLÉTAIRES DE TOUS LES PAYS, UNISSEZ-VOUS, SUPPRIMEZ LES ARMÉES, LES POLICES, 
LA PRODUCTION DE GUERRE, LES FRONTIÈRES, LE TRAVAIL SALARIÉ !

07/05/2017

ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE 2017

Machiavélisme ou réel déclin des castes politiques
L'alliance d'un parti social-démocrate européen 

La stratégie bourgeoise du Parti socialiste a essentiellement consisté à jouer perdant : après une usure calculée du passage de Hollande rien que pour appliquer des lois et des mesures impopulaires, il était évident que Hollande n'avait pas l'intention de se représenter, "sacrifié" plutôt que "condamné" dès son élection au pouvoir. Hollande a fait d'une pierre deux coups, il a flingué sa présidence et le parti qui l'a porté au pouvoir. Avec un secrétaire de parti quasi-inexistant sans autorité et sans crédibilités (Candabèlis qui a été par deux fois condamné à de la prison avec sursis et des amendes dans des affaires d'emplois fictifs et d'emploi de complaisance, en plus de ses faux diplômes.De ce fait Candabèlis ce serait  retrouvé  évincé de son poste et peut être même du champ politique. Quelle autorité aurait-il pu exercer sans être flingué autant par la droite que sur la gauche, Candabèlis n'était donc qu'un vulgaire pantin.

Le bal des maudits

Valls n'avait aucune chance malgré son mea-culpa, ses jérémiades et ses faux regrets sur la loi travail et ses lamentations sur sa politique au 49-3. Valls est un grand comédien qui a su louvoyer et bâtir sa carrière sans jamais être soupçonné de ses malhonnêtetés, Valls c'est un caméléon, "au Parti socialiste, on ne disait plus opportuniste, on disait,- "je suis de la tendance Valls" L'opportuniste Valls se retrouve volontairement évincé à son tour. 

Hamon dans la course a la présidentielle, autant dire que le jeu était gagné d'avance pour Hamon, la polarisation sur le "revenu universel" ayant été la principale diversion la plus contestée au sein du PS, par une virulente attaque de la part de Valls l'ancien Premier ministre d'une politique les plus impopulaires depuis les trente dernières années ! Toutes les attaques de Valls à l'encontre de Hamon 'étaient du pain bénit pour Hamon et "son revenu universel" qui avait eu un certain intérêt chez les jeunes. Sauf que Hamon, un pauvre hère d'une grande naïveté, a-t-il  réellement cru être le candidat du P"S"?. 
Si tôt  le candidat en lice pour la présidentielle, qu'il fut lâché par ses "camarades" frondeur inclus, subissant de la part de son propre camp les plus virulentes critiques, laissant la droite incapable de surenchérir, se contentant d'applaudir. La machine à perdre était lancée.

Fillon le candidat sans finesse de la droite ne fut pas plus chanceux, Sarkozy lui ayant laissé la place en menant une campagne dans la primaire volontairement sans consistance c'est-à-dire sans son opportunisme habituel. Fillon se retrouva être le candidat de la droite, sans même se douter avoir été manipulé. Fillon l'arrogant, le vaniteux, avec des casseroles au cul, des mises en examen des soupçons de corruption, d'emploi fictifs, d'alliance et d'intérêts douteux, etc. Avec des soutiens  plus embarrassant si non pire que lui.  Si tôt le candidat en lice pour la présidentielle, si tôt fut il lâché par les "siens", critiquant à la fois son programme et sa probité tant les affaires judiciaires devenaient de plus en plus crédibles. La machine à perdre était lancée. 

Restait dans la course à la présidence Lepen du Front national et Macron et son pseudo-mouvement "En marche"

 Le FN est un parti qui existe depuis très longtemps, il a été instrumentalisé par Mitterrand dès 83 d’une façon efficace. La même méthode est utilisée aujourd’hui parce que la population a changé, beaucoup plus de jeunes dans ces élections, le rabattage citoyen par les médias a particulièrement été efficace. Jouant sur le dégoûts qu'inspirent cette société corrompue jusqu'à la moelle et éternellement au-dessus des lois, n'a pas eu la crédibilité escomptée par le FN. Le populisme de "gôche" de Mélenchon ayant épuisé ce créneau porteur. En surfant sur ces aspects dont le FN, qui en n'est pourtant pas exsangue, et sa xénophobie même revisitée, il était donc à nouveau facile d’agiter l'épouvantail FN pour forcer l’élection de celui qu’on a au préalable formaté... 

Macron le fils prodigue

La bourgeoisie ayant besoin de faire table ras de ses vieux croûtons qui détiennent la gestion de ses affaires depuis un demi siècle,  n'a rien trouvé mieux que de faire une campagne sur le "Jeunisme" histoire de faire surgir ses rejetons dans l'arène de son pouvoir.  Gauche, droite  tous unis, tous ces faux-cul qui n'ont jamais rien fait d'autre que de nous pomper sang, sueur et vie,voyant là une formidable opportunité pour ne pas sombrer et au moins retrouver une place grassement payée par nos deniers.                                                                   
Macron n'est-il pas le produit du vide d'une caste politique duquel il émane, "l'accélération de la décadence" le saut dans ce même vide?  Président certes, mais surtout, il sera là pour promouvoir "l'Alliance des démocrates européen" regroupant les partis politiques démocratiques, centristes et progressistes libéraux des cinq continents, sa vision n'était-elle pas mondiale. 

Macron est un pur produit de la "post modernité" à laquelle s’identifient une partie de la jeune bourgeoisie européenne, Macron appartient à cette génération issue de la petite et moyenne bourgeoisie de la bobo-sphère et des start-ups produit de la Silicon Valley, ayant pour modèle économique et pour père les Steve Jobs, Richard Branson. Xavier Niel etc.... Mais cette soi-disant génération, aura une chute très rapide et très violente. 

11/04/2017

LE CAPITALISME SE NOURRIT DE NOTRE SANG, LA BOURGEOISIE DE NOTRE SUEUR, LES POLITICIENS DE NOTRE CONNERIE

LE CAPITALISME SE NOURRIT DE NOTRE SANG, LA BOURGEOISIE DE NOTRE SUEUR, LES POLITICIENS DE NOTRE CONNERIE,
ÇA A TOUJOURS ÉTÉ COMME ÇA ET ÇA LE RESTERA TANT QUE NOUS NE PRENDRONS PAS EN MAIN NOTRE DESTIN DE CLASSE INTERNATIONALE


Ce ne sont pas seulement les libéraux bourgeois classiques qui essaient de nous convaincre que la démocratie est supérieure a tout autres régimes, mais c'est la totalité des partis pseudo-ouvriers, (Socialistes, staliniens, trotskistes,…) qui basent leur politique contre-révolutionnaire sur l'affirmation que la classe ouvrière se rapprocherait du socialisme par la conquête et la défense de la totalité des droits et libertés. L'exemple du NPA, ou de Lutte Ouvrière qui se présent en nous disant qu'ils ne comptent nullement être élus, mais qu'ils sont là pour nous dire "qu'il nous faudra lutter quel que soit l'élu pour obtenir des "réformes"…  

"Lutte Ouvrière" est un cas de figure qui appartient a celle de l’électoralisme des tribuns rédempteurs, ceux qui veulent faire entendre la voix des travailleurs à l’intérieur de l’hémicycle de la classe bourgeoise, pour eux les travailleurs doivent faire entendre leurs ressentiments d’injustice, d’iniquité et de souffrance. C’est la vision des Trotsko- évangélistes qui s’adresse à l’âme profonde de la bourgeoisie, ils ne s’adressent pas à une classe antagonique qui impose sa dictature, mais a des brebis égarées, une classe inhumaine, égoïste, etc… Au pire, ils se substituent à la lutte de classe pour faire entendre la voix aphone des travailleurs, en réalité, il ne s’agit là que de faire entendre la voix de son maître. Votez "pour" ou votez "contre" qui vous voulez… L'important étant de participer à cette liesse populaire. 

Pire encore la démagogie électoraliste de l'extrême gauche trotskiste qui entretiennent l’illusion qu’une phase de transition à l’intérieur même du capitalisme est possible comme le fait le "NPA" et "Lutte ouvrière", qui
 surf sur le mythe stalino-fasciste de Doriot et ses deux cents familles les plus riches de France " dans les années ou le P'C'F avait le vent poupe. Lutte Ouvrière... Réactualise le mythe par les "huit" milliardaires possédants autant de richesses que la moitié de l’humanité en évitant d'expliquer ce qui justement permet qu'une bande de pilleurs d'accumuler ces richesses : c'est-à-dire l'État des bourgeois, l'État instrument du capitalisme et de ses larbins d'élus. 

Le capitalisme, ça ne se réforme pas ça se détruit : par l'abolition de la valeur, par l'abolition de l'exploitation de l'homme par l'homme, par l'appropriation des nouveaux moyens de production, qui entre les mains de la bourgeoisie ce retourne contre nous et, ne peuvent que nous entraîner vers la pire catastrophe que l'humanité n'a connue ! Oui, ces nouveaux moyens de production nous appartiennent pour satisfaire nos besoins et ceux de l'humanité tout entière !

Nous combattons et nous devons combattre tous ceux qui émettre l’idée de pousser l'État, cette institution bourgeoise dans une pseudo-direction prolétarienne « de l’intérieur » ou « de l'extérieur », en nous leurrant sur sa nature, en nous présentant l'État bourgeois et sa putain de démocratie comme une entité neutre, alors qu’en fait, c’est une structure dont la bourgeoisie s'est dotée pour imposer sa domination de classe.
 

La participation "citoyenne", "électoraliste" est le résultat d'un renoncement définitif de la perspective révolutionnaire et signifie l’acceptation de notre esclavage et de la paix sociale avec notre ennemie.
 
Nous n'avons pas besoin de porte-parole, notre voix, nous la ferons entendre dans nos luttes, dans la rue par-delà les frontières de l'Europe, solidaire de nos frères et de nos sœurs de classe. 
À bas le citoyennisme, Vive la communauté humaine mondiale, a bas la production marchande, produisons pour la satisfaction de nos besoins et réciproquement de l'humanité tout entière.

Vive la révolution sociale, Vive la fraternité, Vive l'internationalisme. 

 NI DROITE  NI GAUCHE
   LUTTE RÉSOLUE EN DEHORS ET CONTRE LES SYNDICATS ET SES PARTIS QUI, AU GOUVERNEMENT COMME DANS L'OPPOSITION  TRAVAILLENT A DÉFENDRE LE CAPITAL, A  DIVISER ET A RÉPRIMER LES LUTTES DES PROLÉTAIRES

07/03/2017

Un dernier hommage a notre camarade et ami Jean Marc Berkmiller

(A sa fille Karine pour qu'elle se souvienne)

Passionné de littérature et de philosophie, Jean-Marc avait tenu une petite Librairie à Montmorillon (dans la Vienne) ou ses amis(e)s aimaient y venir pour prendre un café et discuter, il a longtemps tenu une émission de critique sociale , de philosophie et même du rock dans une radio locale. Connu  aussi pour sa contribution au salon " du livre et de l'écrit" de Montmorillon. 
Ayant depuis peu pris sa retraite, (autant dire une aumône sociale) il avait suivi sa compagne à Caen en Normandie pour exercer une activité d'appoint, ce qui laisse à penser que cette préoccupation n'a pas arrangé son état de santé.

Plutôt mourir debout que de vivre à genoux, disait Albert Camus dans "L'Homme révolté" c'est ce que fera Jean-Marc, même devant la maladie. Ayant vu un grand nombre de ses ami(e)s  emportés par cette saloperie de maladie (cancer), Jean-Marc a décidé de ne pas accepter une chimiothérapie. Retiré dans une maison prêtée par l'un de ses amis, il est décédé le 25 février 2017 à la Tranche-sur-Mer au bord de l'océan Atlantique. Son corps a été rapatrié et incinéré à Joué-lès-Tours le samedi 4 mars 2017

Il s'en est retourné aussi nu qu'il était venu, c'est-à-dire sans rien et, sans rien renier d'un combat de toute une vie, sans jamais se résigner à rester les bras croisés dans l'idéalisme ni dans celle du fatalisme ! 
Ce n'est pas non plus une vision compassionnelle de la misère  qui a animé sa vie mais bien celle de nos conditions sociales d'existence et ce depuis l'âge de 16 ans.

Il fut militant au sein du FOR (organisation du Ferment ouvrier révolutionnaire) jusqu'à la désintégration de cette dernière et la disparition du camarade G. Munis mort à Paris le 4 février 1989. Militant il le fut et le restera dans la mémoire de chacun de ses camarades, l'amitié  et la fraternité étaient de ses qualités, c'est donc  un ami, un frère, un camarade qui vient de nous quitter et qui restera dans le cœur de chacun d'entre nous.

Pour ne pas rester sur une note de tristesse, rappelons-nous,  qu'il aimait le rire et  la dérision, il aimait le rock et la musique en général, il aimait chanter (même faux) et appréciait le bon vin (rouge de préférence) et la bonne bouffe, Jean-Marc aimait la vie, tout simplement, alors comme il aimait à le dire "vive la vie" et "vive la révolution sociale".

08/12/2016

Lexique de la truanderie politique contemporaine comparé au lexique révolutionnaire


(Lexique paru dans Alarme n°14 -15-16 -17) [1ère Partie]

Plus de trois quart de siècle de falsifications idéologique et terminologique faite par Moscou et auxquelles s'ajoutent celles de Pékin, nous obligent à opposer la valeur des mots révolutionnaires a la valeur qu'ils ont dans la bouche de toute la racaille stalinienne.
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[Le charognard Castro étant devenu charogne à son tour nous profitons de ce jour de fête pour republier le lexique de la truanderie politique] (Voir la rubrique: 14  Guerre de guérilla)


      01  PAYS SOCIALISTES: Acception truandée.
Pays dont le Capital étatisé exploite le prolétariat sans coup férir, sans que ce dernier conserve la liberté de refuser le prix qu'on lui offre pour sa force de travail, ni une quelconque liberté de grève, de parole, d'association ou de simple déplacement.

PAYS SOCIALISTES : Acception révolutionnaire.
Pays, inexistants aujourd'hui, où la fonction productive s'effectue sans travail salarié et où la marchandise cesse d'être marchandise pour se transformer en produit que l'on acquiert sans équivalent. La vente de la force de travail suppose par elle même l'existence d'un capital acheteur, alors même que la relation Capital/Salariat présuppose et ne peut que présupposer l'exploitation de ce dernier. La preuve de la suppression du capitalisme c'est la suppression du travail salarié.

       02. DICTATURE DU PROLÉTARIAT: Acception truandée.
Despotisme policier, militaire et bureaucratique dressé contre la révolution prolétarienne à l'intérieur et à l'étranger. État-Parti du capital centralisé à l'extrême où le pouvoir est exercé, sans contrôle et sans responsabilité, par une poignée de dirigeants terroristes et tout puissants. Historiquement il trouve son origine dans la destruction de la révolution de 1917 et dans 1'extermination de ses protagonistes. C'est une dictature sur le prolétariat.

DICTATURE DU PROLÉTARIAT: Acception révolutionnaire.
Gouvernement du prolétariat basé sur l'armement de ce dernier après démantèlement des corps répressifs capitalistes, et sur la gestion ouvrière de l'économie et de la distribution du produit social du travail. Il réalise ainsi la suppression du travail salarié et par contre-coups la disparition des classes et de l'État. C'est donc la plus complète des démocraties, non plus en droit mais en fait. Avec la dictature du prolétariat commencera à régner le premier et le plus importants des droits de l'homme: le droit pour chaque personne de vivre et de se réaliser sans devoir vendre sa force de travail et de créativité, sans acheter ou vendre les produits de l'un ou l'autre. Deuxièmement, garantir le droit à l'insurrection contre toute 'tentative' de retour ' en arrière'. Par le prolétariat l'humanité entre en  possession d'elle-même', initiant une civilisation entièrement nouvelle.

     03  INTERNATIONALISME : Acception truandée.

Soumission aux intérêts économiques et militaires du capitalisme russe de la part des pays que les États-Unis ont céder comme butin de guerre à la Russie. Quand il menace de s*échapper le butin est de nouveau récupérer par l'invasion : militaire et la terreur policière: Berlin-Est 1953, Hongrie 1956, Tchécoslovaquie en 1968.
Par extension: recrutement paramilitaire effectué par les suppôts de Moscou sous couvert d'anti-impérialisme, dans le but d'avantager les intérêts russes dans les préparatifs de la troisième guerre impérialiste mondiale et dans les guerres sub-impérialistes locales genre Viêt-nam. Même chose pour la Chine, Moscou et Pékin appelant Internationalisme les actions et attitudes qu'ils dénoncent comme impérialiste quand il s'agit des Etats-Unis.

INTERNATIONALISME : Acception révolutionnaire.

Solidarité du prolétariat mondial comme unité face au capitalisme international. Solidarité tant au niveau des idées que dans les faits, dirigée en premier lieu contre la nation et le patriotisme, pays coloniaux inclus. Il ne peut y avoir d'intérêt supérieur à celui du prolétariat mondial, même pas celui d'un pays où la révolution aurait triomphé. Les internationalistes combattent avec le même acharnement les deux clans dans les guerres impérialistes locales (Viêt-nam) que dans les guerres à caractère mondial, dénonçant les protagonistes comme trafiquants de chair humaine. Ils proposent et s'efforcent d'organiser l'action des exploités au feront et à l'arrière contre leurs gouvernement respectifs et leurs gouvernements militaires. Toute défense nationale même dans sa version résistance cache l'exploitation et l'oppression. L'ennemi immédiat pour le prolétariat se trouve dans son propre pays; le combattre au maximum est nécessaire pour déclencher la lutte du prolétariat dans d'autres pays .et entreprendre, unis, la destruction du capitalisme dans le monde entier. Pour cela même les internationalistes rejettent, parce que réactionnaire, le mot d'ordre: de non- ingérence dans les  affaires intérieures d'un pays. Ce mot d'ordre est destiné à empêcher la solidarité et l'action collective de prolétarisé dans les divers pays alors qu'il protège l'ingérence économique constante des grandes puissances dans les affaires des petites et entraîne souvent leur intervention militaire (guerres locales, invasion du Tibet, de Saint-Domingue, de la Hongrie et de Tchécoslovaquie, de Cuba) ainsi qu'un commerce gigantesque d'armes? Le prolétariat de tout pays a plus que le droit, il a le devoir d'intervenir dans les luttes du prolétariat de n'importe quel autre pays. L'action internationaliste décisive aujourd'hui, action que réclament les révolutionnaires, est celle du prolétariat des Etats- Unis, de Russie et de Chine contre leurs exploiteurs respectifs. Elle déchaînerait la rébellion dans les deux blocs militaires et mettrait en ouvre l'objectif le plus vital et immédiat pour l'humanité: La suppression des armées, des polices, de la production de guerre, des frontières et du travail salarié.

      04.  RÉVISIONNISME: Acception truandée

Le refus ou la résistance de l'État-Parti russe de favoriser les affaires, l'expansion et la stratégie de l'État-Parti chinois. Dans les questions des préparatifs guerriers, le peu de disposition que montre la Russie à se battre avec les États-Unis pour que la Chine émerge contre la première puissance.
Par extension : politique les  partis préférant Moscou à Pékin comme métropole impérialiste. Historiquement, l'accusation de révisionnisme est venue à la pensée grossière de Mao Tsé-Toung quand il s'aperçu :

1.    Que la Russie refusait de lui donner des armes atomiques et même de protéger grâce à elles ses ambitions militaires à Formose, en Inde, en Birmanie etc.
2.    Que l'aide technique et économique avait comme dessein de maintenir la Chine en tant que puissance inférieure et subordonnée à la Russie.
3.    Que les conditions d'aide russe lui enlevaient une partie plus grande de l'énorme plus-value arrachée eux travailleurs chinois que ce qu'il perdrait en commerçant avec les pays du bloc américain.



RÉVISIONNISME: Acception révolutionnaires

Idée de plusieurs théoriciens de la social-démocratie touchant à l'évolution du capitalisme (Bernstein, Hilferding, Bauer etc...) et à l'établissement de la société socialiste. Ainsi dénommée parce que cette idée reconsidérait ou révisait ce qu'à ce sujet Marx avait exposé. Selon le révisionnisme, en résumé, le capitalisme avait devant lui un développement économique et démocratique très ample qui permettrait aux prolétariats sans révolution, dans le cadre du jeu de la démocratie bourgeoise de gagner des positions et d*avantager sa condition économique jusqu'à la réalisation du socialisme. Il s'agit de l'évolution opposé à la révolution, des réformes progressives opposées aux mesures radicales consécutives à une révolution. Révisionnisme et réformisme sont synonymes et le dernier terme est le plus adéquat pour désigner la conception des théoriciens ci-dessus désignés. Le réformisme est devenu le concept principal et presque unique de la IIème internationale dont les partis, dans l'intervalle des deux grandes guerres mondiales, ont abandonné de fait la prétention d'atteindre le socialisme, en devenant de simples partis démocratico-bourgeois, c.-à-d. les " bons administrateurs des affaires capitalistes " comme l'a admis Léon Blum avant de mourir.

Aujourd'hui, le réformisme politique et l'opportunisme qui en découle sont inexistants tout au moins en tant que théorie® élaborée. Le stalinisme, qu'il soit pro-Moscou ou pro-Pékin, n'est ni réformiste ni opportuniste, car son but est l'instauration du capitalisme d'État et la dictature policière régnant déjà sur plus d'un tiers de la planète. Ce qui pourrait apparaître aujourd'hui comme réformisme et opportunisme en pratique, sans  aucune élaboration théorique, c'est le trotskisme dans ses diverses facettes et même l'anarchisme. En effet quand le trotskisme ne prétend pas réformer les régimes staliniens, il se situe délibérément ou involontairement sous leurs zones d'influence en politique internationale et sur les questions revendicatives et syndicales.

     05. DOGMATISME : Acception truandée.
Terme appliqué par Moscou à la politique de Pékin aussi fallacieusement que celui de révisionnisme appliqué par Pékin à Moscou. Cela se" rapporte au fait que la Chine lèse les intérêts nationaux impérialistes russes. Dans leur structure économique comme dans leur structure politique, la Russie et la Chine sont bonnet blanc et blanc bonnet. Ce que l'on peut dire d'un des deux pays correspond aussi à l'autre, seule la référence nationale est à changer. Il s'agit dans les deux cas d'escrocs politiques toujours intéressés à cacher leur véritable nature et celle de leurs sales querelles sous une terminologie empruntée au mouvement révolutionnaire. Pas une des positions défendues par la Chine, aucune des pensées de Mao n'ont un caractère dogmatique à moins de comprendre par la l'obligation dans laquelle se trouvent ses sujets de les répéter et de les honorer comme des pensées géniales.

DOGMATISME : Acception révolutionnaire.

Les dogmes sont les affirmations que l'Eglise présente comme des révélations de Dieu, par conséquent indiscutables et inaltérables.
Au sens figuré : le mouvement révolutionnaire emploie le mot dogmatisme pour désigner l'attachement à des points de vue et a des analyses dépassés par l'évolution de la société et de la lutte de classes.
Par exemple : s'en tenir en tout à ce qu'on dit les principaux révolutionnaires du passé où au déroulement de la révolution russe serait dogmatique, c'est ce que font les tendances trotskisantes, anarchisantes et bordiguisantes. La pensée révolutionnaire est radicalement opposée à tout dogmatisme et par conséquent l'orthodoxie lui est étrangère.

                                                                                                [2ème Partie]

    06. TRANSITION PACIFIQUE AU SOCIALISME : Acception truandée.

Astuce politique inventée par Staline après s'être partagé le monde avec Roosevelt et Churchill afin que le capitalisme occidental accepte les partis pseudo-communistes en qualité d'auxiliaires de confiance. Il ne s'agit pas de la conception réformiste citée précédemment mais d'une simple affirmation qui se justifie uniquement par l'existence de la Russie en tant que grande puissance... Cela révèle son caractère de manœuvre paramilitaire â longue échéance afin de produire ses effets lorsque le potentiel belliqueux russe réussira à dépasser l'américain. Néanmoins, cette transition ne s'effectuerait aucunement vers le socialisme mais vers le capitalisme d'État comme c'est déjà arrivé en Europe orientale. Le prolétariat passerait uniquement de l'exploitation par différents monopoles à celle d'un monopole unique gouvernemental dont le siège central serait Moscou. Le Parti-État chinois et son gouvernement ont épaulé dés le premier instant le leurre de la transition pacifique ainsi que le leurre de son concomitant, celui de la " connivence pacifique ".

TRANSITION PACIFIQUE AU SOCIALISME : Acception révolutionnaire
Transition que l'on pourrait effectuer sans lutte armée, mais qui appliquerait les mêmes mesures qu'une révolution : armes, pouvoir, économie au prolétariat, car l'absence de lutte armée ne signifie pas que le socialisme doive être atteint évolutivement à partir de la société capitaliste. Marx en son temps à parler d'une telle possibilité pour le prolétariat anglais à cause de l'inexistence d'une armée, d'une police et d'une bureaucratie fortes. Cela n'est plus même en Angleterre. Étant entendu que la première mesure de la révolution est de se débarrasser de l'appareil étatique garant de l'exploitation, pour faire la révolution sans lutte armée il faudra se trouver devant une situation de décomposition si énorme des corps répressifs existants que le prolétariat ne trouverait aucune résistance pour sa prise du pouvoir. Aujourd'hui alors que les partis staliniens et les syndicats forment une deuxième ligne de défense du capital (ils sont en première ligne là où ils dominent c.-à-d. partout), la possibilité d'en finir pacifiquement avec la société d'exploitation est plus que chimérique.

      07. PLANIFICATION : Acception truandée.

Direction totalitaire des relations entre Capital et Travail, entre production et distribution. Non seulement elle conserve le travail salarié mais, qui plus est elle le rabaisse encore plus que le capitalisme libéral à travers une procédure draconienne de forfaits, primes, bonifications, hiérarchies, amendes et réprimandes pénales, par la délation, la vigilance policière et autres procédés complémentaires encore jamais vus. Le tout pour accroître la plus-value ou partie de la richesse crée par le travail qu'empoche le capital par une diminution proportionnelle de la partie allant aux ouvriers, c'est-à-dire du salaire. La haute direction économico- politique dispose à volonté de la plus-value dont une partie est consacrée aux nouveaux investissements selon les besoins de ses intérêts d'exploitation nationale et internationale, c'est-à-dire de ses exigences impérialistes actuelles et à venir , et dont l'autre partie, aussi grande que celle dont jouissent les privilégiés de n'importe quel pays, est répartie hiérarchiquement entre les bénéficiaires et les serviteurs de l'Etat-Parti, le capitaliste collectif. Toute l'économie est plus délibérément au service du Capital que lorsqu'il s'agit de plusieurs et multiples initiatives capitalistes individuelles. Le prolétariat, lui, est toujours une classe dépossédée, dont la seule alternative est de vendre sa force de travail et dont la capacité de consommation et de culture dépend du produit de cette vente. Il faut noter que les planificateurs russes et chinois vont apprendre dans les écoles du capitalisme occidental car les uns comme les autres planifient LA NON-SATISFACTION DES EXIGENCES HUMAINES.

PLANIFICATION : Acception révolutionnaire.

Gestion complète de la production et de la distribution par la société prise comme un tout, société représentée au début de la révolution par la classe ouvrière; la fin de son exploitation entraînant â court terme la disparition des classes et donc de la classe ouvrière elle-même. Il ne peut y avoir de planification socialiste sans ébranler dés les premiers instants la loi de la valeur, base économique générale et nourriture quotidienne du monstre capitaliste. Cette loi repose sur le travail salarié et se manifeste ensuite de cents façons et à tous les niveaux  intellectuels, scientifiques, artistiques y compris. Ainsi donc, la production sans travail salarié et la distribution des produits sans relations avec ce qui aujourd'hui en fait leurs valeurs, constitue la première condition de la planification et le point de départ de la future société communiste. Sans cela on ne fait qu'imposer un plan de production capitaliste à la population, mais on ne pourra parler de planification. Dans un cas on assouvit les nécessités du capital, dans l'autre on assouvit les nécessités du travail, celles de chaque personne. Dans un cas on produit pour vendre, dans l'autre pour donner, ouvrant ainsi les portes à un développement économique et culturel illimité. En fin, la planification doit également supprimer la représentation universelle de la valeur capitaliste ; l'argent. Semblable économie requiert la participation directe et entièrement libre de tous les hommes, sans imposition aucune et sous aucun prétexte. Société et individus ne s'affrontent que là où la majorité se voit exploitée et opprimée. Le socialisme part de la satisfaction et de la liberté de chaque individu comme critère général de la société.

    08 . DÉMOCRATIE POPULAIRE: Acception truandée.

Nom donné aux réprimés imposés en Europe par l'armée et la haute bureaucratie capitaliste russe ou établis en Yougoslavie .et en Chine dans le feu de la victoire de l'impérialisme Yankee-russo-britanique.sur l'impérialisme nazi, quand.il n'est pas ,.du aux résultats des marchandages- inter Bloc après la guerre ( Vietnam du Nord, Cuba, ), tuais toujours sous le fer idéo- économique moscovite. Dès le début, en connaissance -.de cause, le nom démocratie et le qualificatif : Populaire furent assemblés- comme antiphrase s'arrogeant de concert de la copieuse terminologie appât stalinienne. Dans aucun des pays ainsi dénommé a on ne peut découvrir un signe quelconque de démocratie, à fortiori de démocratie dans sa désuète forme bourgeoise, alors que la classe ouvrière désignée dans la désignation embrouilleuse de peuple, endure un despotisme économique, politique et culturel encore -plus totalitaire que celui des régimes précédents. Ces régimes ne se distinguent de la Russie ni par leur structure économique ni par leur superstructure politique. Ils ne s'en distinguent pas plus par leur origine, contrairement à. ce que prétendent certains donneurs de définitions auto-déformés, car ce oui existe en Russie n'est pas le produit de la révolution de 1917 mais le produit de là contre-révolution stalinienne. Et c'est l'extension de cette dernière, non sans l'aide des Yankees, oui donne la similitude dont nous avons parlé.
Dans ces pays il n'y a jamais eu de-changement de système social, mais bien un changement de régime, passant du capitalisme privé au capitalisme d'Etat, du gouvernement bourgeois à celui de la bureaucratie capitaliste n laquelle s'est intégrée la bourgeoisie. S'ils n'ont pas accédé au rang de Démocratie socialiste, cela doit être d<5 au fait que la Russie a voulu se réserver un tel titre honorifique afin de s'ériger en supérieur hiérarchique. Les prétendues démocraties populaires sont de fait et avant tout le butin de guerre du Kremlin, on la fois esplanade militaires et terrains réservés pour son exploitation impérialiste. Il leur est impossible d'échapper à une telle condition sans chercher une aide marchande - et militaire le cas échéant - dans le bloc américain : c'est le cas de la Yougoslavie et de la Chine. Ils sont en condition de le faire sans altérer aucunement leur organisation économico-politique, preuve incontestable, entre autre de l'uniformité du système d'exploitation aussi bien russe qu'américain indistinctement.

DÉMOCRATIE POPULAIRE: Acception révolutionnaire.

Aucune. On ne peut trouver semblable désignation que dans la terminologie capitaliste appliquée aux régimes politiques libéraux et parlementaires qui reconnaissent en droit et respectent ce fait les libertés individuelles de presse, partis, manifestations etc..., mais sur la base sociale de l'exploitation du travail salarié par le capital. Dans le meilleur des cas, populaire ne peut signifier que de gauche bourgeoise, c'est-à-dire, les méthodes moins brutales de domination sur le prolétariat par ses gouvernants et exploiteurs. De toute façon, les méthodes régissant dans les prétendues démocraties populaires entrent en plein dans la catégorie des plus brutales. Mobutu a proclamé au Congo la république populaire de façon hypocrite et copiée des Mao-Tsé-tong, Castro et autres Kadar.


     09.  MARXISME -LÉNINISME: acception  truandée.

La version véridique de cette tromperie est : Marxisme - Léninisme -  Stalinisme, et son unique contenu est donné par le dernier des termes. Et  ce n'est pas le silence porté sur lui depuis le XXème congrès de la caste  dictatoriale russe qui le rend moins présent dans les dits et les faits de cette dernière clientèle internationale y compris. De plus le stalinisme  n'est pas une théorie, ni un ajout à une théorie préexistante, ni même un  empirisme sociologique ou politique à la recherche de quelque chose. Il est complètement étranger à toute théorie, à toute pensée et à toute investigation. Il apparaît historiquement lorsque la révolution de 1917 cesse sa marche permanente vers le socialisme et la révolution mondiale  et ce avant même que s'élève l'individu qui lui donnera son nom. A partir de là c'est la vie et l'affirmation constante de la contre révolution bureaucratique capitaliste dont les intérêts déterminent à tout moment  une politique intérieure et extérieure ainsi que ses "arguments". Sans s'en rendre compte, Zinoviev esquissait une bonne définition du stalinisme quand il disait à Léon Trotsky  " Vous combattez Staline avec des idées mais ce qui intéresse  Staline ce n'est pas de réfuter vos idées, c'est de vous faire sauter la cervelle".

Des millions d'hommes assassinés à coup de pistolets dans toutes les Loubiankas russes ou envoyés à la mort  en Sibérie; la calomnie déversée sur eux par torrents publicitaires, la  révolution russe brisée, la révolution mondiale délibérément amenée a la  défaite... au nom du Marxisme Léninisme, mais en fait au nom de la nouvelle caste exploiteuse stalinienne, cette caste parle de socialisme dans un seul pays, empêcha la victoire du prolétariat  Chinois en 1926-27, laissa froidement qu'Hitler prenne le pouvoir, détruisit avec ses propres flics la révolution Espagnole, s'allia tout de suite avec Hitler, lui  fournit du matériel de guerre et de matières première, obtint de ce dernier les états baltes et la moitié de la Pologne, s'allia ensuite à l'impérialisme le plus fort du globe, impérialisme avec lequel elle se répartit l'exploitation et la domination politique de l'humanité et avec la complicité duquel elle réprima toutes les insurrections et les luttes surgissant dans sa zone. L'accord de Potsdam stipule que les signataires,  la Russie et les États-Unis principalement sont les gardiens du maintien de  l'ordre dans le monde. Le chemin du stalinisme a été : de l'imposture sur  le socialisme dans un seul pays au socialisme dans aucun pays. Telle est  sa nature, pure pratique contre- révolutionnaire derrière laquelle il n'y a  rien d'autre que l'accumulation élargie du capital par une caste  centralisée, privilégiée et despotique comme la bourgeoisie ne l'à jamais  été.

Et dans cette pratique néo-réactionnaire et criminelle sont inclus  sans exception, tous ceux qui ont agit et écrit pour le stalinisme en Russie  et hors de la Russie, qu'ils soient ou non dissimulés par des rhétoriques  philosophiques existentialistes, économistes ou dans des gloses de Marx  et de Lénine. Toute contre-révolution est guidée par "ce principe"  quelqu'en ait été son verbiage mensonger. Mais la contre révolution  stalinienne laisse loin derrière elle les pires d'entre elle invoque le  socialisme de sa monstrueuse falsification quand elle invoque le socialisme, mais avant tout parce que sa continuité dépend de sa capacité à empêcher la révolution des révolutions du genre humain, la Révolution Communiste.
Le Stalinisme c'est cela, que le personnage soit vivant ou mort. Tous les mensonges, tous les servilismes, touts les cruautés, toutes les hypocrisies, en un mot, toutes les aliénations causées par des millénaires d'exploitation, il les utilise, il les confère et les pousse à l'extrême pour fermer le passage à la révolution. Le Marxisme - Léninisme avec ou sans guillemets dans sa formulation complète représente, en arguments et en faits, ce qu'est la momie de Lénine par rapport au régime : un simple étendard attrape -couillon,  quelque chose comme " le socialisme allemand" et l'évocation de Nietzsche par le troisième Reich. (Voir définition du mot déstalinisation)


MARXISME-LÉNINISME: Acception révolutionnaire
Le Léninisme n'existe pas en tant que vision particulière du monde ou de lutte de classes. Lénine se considérait comme disciple de Marx et n'a jamais prétendu le surpasser ou apporter du nouveau à ses développements théoriques. Réussites et erreurs à part, on ne peut dire de Lénine comme de Trotzky qu'il fut un des plus grands révolutionnaires contemporains. Les inventeurs du léninisme sont les représentants de la tendance contre- révolutionnaires dont les intentions perfides étaient dirigées alors contre l'opposition de gauche de Trotzky et en fin de compte contre le prolétariat mondial lui-même. Le stalinisme a prétendu mettre sur le compte de Lénine, comme originalité marxisme - léninisme, l'idée d'une  dictature du parti unique sans fractions ni discutions idéologiques internes, en un mot l'idée du totalitarisme. Ce fut une des premières falsifications.

En effet le préambule de la loi qui  supprimait les autres partis et les fractions au sein du parti Bolchévik, préambule écrit par Lénine lui même et jamais publié par ses embaumeurs, déclare sans équivoque qu'il ne s'agit pas d'un principe révolutionnaire mais d'un moyen provisoire que le pouvoir, vue la précarité de la situation, était contraint d'employer. C'était un signe de faiblesse et non de force. Il est vrai que cette mesure servit surtout, en convergence avec la nouvelle économie marchande (NEP)  à inciter toutes les ardeurs conservatrices et a concentrer le pouvoir au main des futurs  contre révolutionnaires encore tapis dans l'ombre. Mais ce n'est pas pour autant qu'il faut attribuer à Lénine la paternité organique de la contre révolution. Quelque soit la manière dont on juge son oeuvre, il ne prétendait pas autre chose qu'appliquer le marxisme, qu'il ait réussi ou qu'il se soit trompé. Il s'agit donc d'expliquer clairement ce que l'on doit comprendre par marxisme.

Avant tout il faut nier l'existence d'une doctrine que l'on pourrait dénommé marxiste. Marx avait en horreur de toute doctrine pour aussi avancée qu'elle se soit prétendue, et son oeuvre est la réfutation incessante de tout système philosophique ou politique. En effet, une interprétation dialectique, c'est à dire révolutionnaire du monde extérieur et de l'histoire serait impossible si ceux-ci n'étaient pas entre eux et en eux-mêmes changements, unités contradiction en même temps, stabilité et mutation. Les lois de la dialectique elle-même ne peuvent échapper à l'altération et au changement pas plus que dans les temps infinis l'ectopie de l'univers c'est à dire son état énergétique le plus immuable qu'on connaisse. Ainsi donc, par facilité terminologique  et uniquement comme synonyme de révolutionnaire il est possible de parler de marxisme, mais en aucun cas on ne peut en parler comme d'un système achevé, à paraphraser et à utiliser comme la géométrie euclidienne.
Philosophie, économique et politique, l'oeuvre de Marx et d'Engels - tend à appréhender les facteurs objectifs et subjectifs qui agissent dans l'histoire en se modifiant  réciproquement sans que leur hégémonie motrice soit toujours équilibrée et s'incline dans  le même nom. De là découle une des premières affirmations :"les révolutions sont les locomotives de l'histoire". Cela étant, il n'y aurait jamais eu une seule révolution sans une conscience  plus ou moins claire de ce qu'il y avait à faire, en dépit du fait qu'elles aient été représentées, non par la conscience de l'homme, mais par la conscience d'une classe en son  sein.  Ce marxisme proclame la nécessité d'une révolution communiste, non comme desideratum, non comme un idéal à atteindre mais comme résultante de l'oeuvre économico-culturelle de l'humanité dans sa phase capitaliste ; non comme résultat obligatoire ou automatique de cette oeuvre, mais de l'action révolutionnaire que peut  exercer sur elle la classe que le capital exploite. La revendication d'ABOLITION DU TRAVAIL SALARIÉ résume toute l'oeuvre de Marx, c'est le moteur de la révolution communiste, la clé unique de la disparition du capitalisme et la réalisation d'une civilisation nouvelle, sans classe et sans État. Les menteurs de Moscou et de Pékin qui maintiennent le travail salarié y compris sous des formes encore plus draconiennes, sont tout aussi ennemis des révolutionnaires, de ce que l'on pourrait appeler marxisme, que les patrons du bloc occidental. Leurs escroqueries sur la mission socialiste de l'État sont directement apparentées à celles d'Hitler qui se prévalait également de Hegel sur cet aspect. Pour Marx, surtout après la "Commune de Paris", et pour ceux qui ont épluché la révolution russe ainsi que la contre révolution stalinienne, l'État, particulièrement dans son dernier souffle "d'Éat ouvrier" ne peut accomplir aucune mission économique; L'organisation de la force post-révolutionnaire improprement appelée Éat ouvrier, doit disparaitre par la suppression de la loi capitaliste de la valeur ou sinon il récupère sa traditionnelle fonction d'Éat oppresseur et exploiteur de la majorité par une minorité. Il est exclu que ce qui a été l'aboutissement de millénaires d'esclavages et de crimes de toute sorte puisse se transformer en planche de salut.

                                                                                              [3ème Partie]
10.  AUTO- CRITIQUE: Acception truandée  
Confession laïque de fautes et de délits inventée, imposée, par coercition et la terreur policière, aux adversaires critiques du stalinisme. L'histoire de l'humanité n'enregistre rien de plus répulsif et de plus abject que ce procédé politico-terroriste ; pas même les procédés de l'inquisition. L'opposition exprimée ou tacite au pouvoir existant (pouvoir de la contre révolution) n'était pas combattue avec des idées et encore moins débattue en public. On détenait les coupables on les torturait physiquement et moralement ainsi que les membres de leur famille, pendant des mois, des années si besoin était, jusqu'à ce qu'ils confessent qu'ils avaient tort et que leurs sbires, surtout le premier d'entre eux" le grand et génial Staline" avaient raison. Dans les cas peu grave, "le coupable" pouvait en se prostituant réintégrer les rangs du Parti-Etat au moins dans une catégorie plus basse. Dans la majorité des cas, ce qui représenta des millions et non pas des dizaines ou des centaines de milliers de cas, la "confession" appelée auto-critique servait en fait à aller mourir en Sibérie par le travail forcé.

Le pinacle de cette vaste et sanglante répression – indescriptible et par le nombre et par ses sévices et sa portée réactionnaire – est constitué par les grandes falsifications de Moscou de 1935 à 1938. Des hommes prestigieux de 1917, compagnons de Lénine et de Trotzky furent contraints d'admettre qu'ils travaillaient pour Hitler (ou pour le gouvernement américain, selon les alliances du Kremlin) sans autre but que celui d'abattre la "patrie du socialisme", ainsi que le père des peuples lui-même, Staline en personne. Les procès, dont un des procureurs, dont Vychinski ancien allié des gouvernements blancs qui combattirent la révolution, étaient  répétés comme des pièces de théâtres, jusqu'à ce que la haute canaille dirigeante obtienne les effets désirée.

Le  procédé est inséparable du stalinisme qui l'a exporté dans tous les pays où il domine. En Chine il est appliqué en y ajoutant souvent un trait odieux. Les victimes doivent réciter devant des assemblées spécialement constituée à cet effet, les fautes et les crimes qui leur sont attribuées, et doivent louer la justice et la clairvoyance de leurs bourreaux étant ensuite exécutées sous les ovations. C'est cette approbation "enthousiaste" des masses que le gouvernement russe organise par des campagnes nationales politico-policières demandant condamnations et exécutions. Il s'agit en fait d'une synthèse de la loi du "lynch" pratiquée anciennement aux États-Unis sous couvert de justice populaire (surtout contre les noirs) et des pendaisons dans les camps de concentrations de Hitler en présence des autres détenus et de la musique de Wagner. Les dictateurs de poche cubains et albanais ont eux aussi satisfait leurs instincts et c'est avec ce genre d'actes de foi staliniens qu'ils ont consolidé leur pouvoir.

En bref, l'auto-critique et son prolongement, la confession En bref, l'auto-critique et son prolongement, la confession de crimes inventés, a servi et sert encore au stalinisme pour envoyer les révolutionnaires au cimetière en les couvrant de boue. Plus tard, ce procédé fut utilisé contre les complices désobéissants du stalinisme. Tout ce terrorisme, la falsification des idées et de l'histoire de la révolution, la perversion planifiée des mentalités par la presse, la radio, la télévision, la littérature, le cinéma et même la peinture et la musique, sans oublier les exercices spirituels qui generis que sont dans de telles conditions les assemblées politiques et syndicales, ferment la superstructure intellectuelle de la contre-révolution stalinienne, du capitalisme d'état. (1)

AUTO- CRITIQUE:  Acception révolutionnaire
Dans la mesure où il serait possible d'employer le terme auto-critique, il ne signifierait pas autre chose que la réflexion  d'une personne sur sa propre situation et sur ses propres idées , réflexion non imposée ou faite à la demande, mais émanant spontanément de chacun et sans conséquences répressives. Tout révolutionnaire, toute personne honnête se fait cette critique au cours de sa vie, suivant sa capacité introspective. Cette introspection ou auto-critique est contenue dans ce que l'on appelle expérience, chose qui ne peut être niée par des expériences négatives, réactionnaires ou même criminelles, ce dont il ne s'agit pas de parler ici. Zinoviev faisait sa propre critique quand il déclarait en privé : "les deux grandes erreurs de ma vie consistent en ceci : " m'être opposé à l'insurrection d'Octobre et d'avoir appuyé Staline contre Trotzky". Mais il mentait, lorsqu'exténué par la torture, devant le bourreau préféré de Staline, le Vychinski, il affirmait avec une faible voix de mort vivant être " une vipère lubrique" manipulée par Hitler contre " le génial Staline" les deux futurs alliés.

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(Note 1) "L'aveu" de Jack London, livre et film, donne une idée de la technique policière  mise en branle pour obtenir des "auto-critiques" et des "confessions". Mais non de sa  signification profondément réactionnaire. London, qui d'autre part, a mis son grain de sel dans la défaite de la révolution espagnole et dans la falsification de son histoire, n'a pas ouvert sa gueule lors des procès de Moscou, ni plus tard en Tchécoslovaquie, jusqu'à  ce que le sort, en tant qu'agent des crimes d'autrui, ceux de Staline et de Rakovski, ne le fasse devenir  "une vipère lubrique". Le personnage n'en est pas moins un aspirant de ce que bourgeois et staliniens s'accordent à appeler " socialisme à visage humain" (Voir la signification de ce résidu dans la suite de cet article dans les numéros ultérieurs)

11. DÉSTALINISATION : Acception truandée

Micmac démagogique de la haute bureaucratie russe mis en branle pour décharger sur le cadavre de Staline sa propre responsabilité des incontestables crimes politiques et sanglants perpétués du vivant de ce dernier. Se sachant haie sur toute l'étendue de son empire, la caste dictatoriale a voulu profiter de la mort du dictateur pour avoir la population à bien, ou pour apaiser sa haine. C'est ce que reconnaissait explicitement Khrouchtchev en déclarant que la dénonciation de Staline était devenue indispensable pour combler l'énorme fossé existant entre la classe ouvrière et le Parti. Ce dernier gouverne et s'impose partout entouré d'une hostilité silencieuse, d'une opposition générale qui même sans articulation organique et sans orientation politique claire affaiblit l'efficacité (quand elle ne l'annule pas) des plans économiques et des projets gouvernementaux. Ses complices et successeurs croyaient palier» à ces graves difficultés en mettant la terreur policière permanente sur le dos de Staline.

La dénonciation de Staline est du style grossier caractéristiquement stalinien, tant par son énorme tromperie que par l'explication du terrorisme offerte par les dénonciateurs. Ce ne pouvait être autrement, car le stalinisme, ce n'est ni Staline en personne, ni les "violations" de la légalité " soviétique ", moins encore " le culte de la personnalité " autant dire le démon. Non, le stalinisme se situe précisément au delà des violations et des abus, c'est la légalité même dite à tort soviétique (1). Elle fut imposée en même temps que la contre-révolution se consolidait comme capitalisme d'Etat et c'est son expression juridique. Pour cela même, tout acte, toute déclaration d'un représentant de ce régime - ou de ses commanditaires dans le monde — ne peuvent être que des actes ou que des déclarations staliniennes, sans que le masque adopté importe. Le déshonorant servilisme avec lequel toute la haute et basse bureaucratie vanta le chef, rampa et se prosterna à ses pieds, est également une requête du régime, son émanation spirituelle. Il s'agit des rapports " humains " qui émanent de la structure économico-politique et de la légalité de la contre-révolution.

Aucun crime de Staline n'aurait existé s'ils n'avaient correspondu aux intérêts présents et aux besoins futurs du régime, de l'ensemble des individus qui l'incarnaient s'octroyant tant et plus de privilèges que l'ancienne noblesse et bourgeoisie. Il s'agit donc de CRIMES DE LA CONTRE-RÉVOLUTION STALINIENNE, et non seulement de celui qui la dirigeait. Et le plus grand de ces crimes, dénoncé dans la partie du lexique publiée dans le numéro antérieur d'Alarme, est la destruction de toutes les tentatives de révolution mondiale, à commencer par la révolution russe et se parachevant par l'espagnole. De là proviennent tous les autres crimes y compris la falsification systématique de l'histoire et des idées.

1) Les soviets furent officiellement dissouts il y a environ 60 ans aujourd'hui, et annulés comme organes d'expression et de pouvoir depuis bien longtemps avant.
                                                                   
Il ne peut y avoir d'autre explication matérialiste. Loin de cette explication, la bureaucratie, continuatrice de la contre-révolution, -se montre incapable de dire autre chose que des niaiseries sur les abus, les violations ou les erreurs personnelles de Staline. Par contre elle le vante toujours pour son oeuvre sociale, ce qu'il y a de plus criminel en lui, et qui se trouve à l'origine des déportations en Sibérie par dizaines de millions, des assassinats.par dizaines de milliers, des procès abjects de Moscou et autres, de l'exploitation redoublée et de l'enchaînement total du prolétariat, en somme de la réactionnaire légalité russe.

C'est ce qui explique que les méthodes de Staline n'aient disparu à aucun moment : ni la terreur, ni les fausses accusations contre les opposants actifs ou passifs, ni même la violation de la légalité. La bureaucratie «qui n'a même pas réussi, en son propre sein, à établir des relations sures, comme celles des privilégiés des autres despotismes, comme par exemple le franquisme. C'est un despotisme asiatique sur la base du grand capital industriel.
Les micmacs de la destalinization a tout au moins servi à encourager tous les opposants, qui élèvent la voix chaque fois un peu plus ; d'autre part, aspect non moins important, ça a servi à mettre en évidence mieux que jamais la méprisable qualité de l'homme stalinien. Les mêmes individus qui devant Ie -simple nom de Staline entraient en transe délirante, lui juraient fidélité personnelle et présentaient les plus horrible des crimes de son règne comme des mesures de salubrité pour l'humanité, ont applaudi ses accusateurs, ont eux-mêmes accusé et rejettent sur son génie l'immondice dont ils sont les co-auteurs et qu'ils ont en eux jusqu'à la moelle. Demain ils applaudiraient à toute hypothétique restalinization. La contre-révolution ne pouvait engendrer des créatures moins viles que celles-là.

Enfin, si l'oeuvre générale du stalinisme se caractérise par un recul prolongé de la révolution mondiale, et par une prostitution des consciences, prostitution plus accentuée en Russie et ses copies conformes, Chine et Cuba comprises, une offensive révolutionnaire gigantesque est en gestation par réaction contre lui.
A lui mieux qu'à quiconque correspond le dicton : " Dans l'histoire, comme dans la nature, la pourriture est le laboratoire de la vie

DÉSTALINISATION : Acception révolutionnaire
Elle est très simple, elle est résumée, tout ajout étant superflu, par la dernière déclaration de Natalia Sedova Trotsky :

" La terreur policière et les calomnies de Staline n'étaient que l'aspect politique d'une lutte à mort contre la révolution, menée par l'ensemble de la bureaucratie. On ne peut donc attendre le rétablissement de toute la vérité que de l'anéantissement de cette bureaucratie par la classe ouvrière qu'elle a réduite à l'esclavage. Je n'espère rien du Parti russe ni de ses imitateurs foncièrement anti-communistes. Toute déstalinisation s'avérera un leurre, si elle ne va pas jusqu'à la prise du pouvoir par le prolétariat et la dissolution des institutions policières, politiques, militaires et économiques, base de la contre-révolution qui a établi le capitalisme d'Etat stalinien.

12.  AUTOGESTION : Acception truandée.

Fut introduite par Tito avec l'intention de dépasser la stagnation de l'économie yougoslave et de tromper le prolétariat mondial sur la nature de cette dernière. A connu par la suite une certaine vogue dans les pays comme l'Algérie et même en Russie. A obtenu l'approbation de certains groupes européens dits gauchistes en tant que revendication et projet. Le mot se réfère à l'autogestion de chaque entreprise par elle-même, comportant des limites passées sous silence par ses défenseurs. Nous parlerons plus en avant de certaines d'entre elles.
Avant il faut préciser que l'autogestion dans un sens strict et archi-strict est comme la prose que monsieur Jourdain utilisait sans le savoir. De la même façon, les messieurs Jourdain qui pullulent aujourd'hui en politique, ignorent que devant leurs yeux, ils ont autant d'exemples d'autogestion que d'entreprises de propriété individuelle, bourgeoises, simplement perçues comme telles. Je même les entreprises par action, pour autant qu'elles ne soient pas financièrement dominées par des banques ou par des trusts. Jusqu'à l'apparition du grand capital industriel, presque toutes les entreprises s'autogéraient, elles étaient ce qu'on veut nous présenter aujourd'hui comme une nouveauté, presque comme une découverte. En effet, chacune faisait son propre projet de production (plan), coordonnait ses divers aspects, surveillait son application dans le processus de travail, plaçait ses produits sur le marché, distribuait la plus-value obtenue selon les convenances du cycle de production suivant. L'entreprise, personnifiée par le capitaliste propriétaire, était maître de réinvestir, accumuler ou gaspiller les bénéfices.

L'autogestion des truands politiques actuels comporte bon nombre de restrictions. Il suffit de signaler les deux principales pour nous éclairer :

1) Ce que fait produire une entreprise –quantité et qualité- lui est signalé impérativement ou à titre indicatif par une direction économique (plan) placée au-dessus d'elle ;

2) les bénéfices de toutes les entreprises sont concentrés et utilisés à volonté par cette même direction, assignant une partie des bénéfices à chaque «entreprise selon ses mérites. A son tour, cette dernière est distribuée selon les échelons de bons services par la direction de l'entreprise, toujours sous l'emprise du Parti unique. Pourquoi alors parler d'autogestion, puisque cela suffit à la rendre impossible ? Tout simplement parce que les inventeurs du procédé que le terme autogestion désigne, sont des arnaqueurs politiques qui se présentent comme des amis du prolétariat, étant de fait et de droit, là où ils gouvernent, ses exploiteurs attitrés. Ce que fait en réalité, la direction économique est de décharger sur les travailleurs de chaque entreprise la responsabilité de l'exécution de ses décisions, forçant ainsi la collaboration entre capital et travail si chère aux anciens réactionnaires, depuis Hitler et Mussolini jusqu'à Franco et Papandréou.

Le fait même de parler d'autogestion des entreprises montre la nature capitaliste de ces dernières. En effet, là où elle existe, quelque soit le pays, les ouvriers se voient contraints de vendre leur force de travail aux propriétaires du capital, instruments de travail compris. Le prix qu'ils en perçoivent est inférieur à la valeur que leur travail ajoute aux produits fabriqués. La différence, la plus-value, est propriété d'usage et d'abus de la haute direction économique. Comme cette direction se confond avec le gouvernement dictatorial qui concentre entre ses mains le pouvoir policier, juridique et législatif, on comprendra ce que le préfixe auto ajoute au fonctionnement capitaliste des entreprises. Tel le protestantisme qui demandait à chaque chrétien de devenir son propre sacerdote, le capitalisme des autogestionnaires demande à chaque ouvrier, avec tout le poids de leurs pouvoirs illimités, d'être son propre contremaître, son propre chronométreur; il demande de s'ériger en représentant du capital face à sa propre nature et conscience d'homme exploité.

La paye de l'ouvrier change alors en fonction de la prospérité du capital investi dans l'entreprise, et en fonction de sa vénération ou de son irrévérence envers les normes de production et de discipline qui lui sont dictées. Depuis plus d'un siècle les capitalistes ont appris à admettre aux ouvriers a titre de participation aux bénéfices une partie du salaire une fois la comptabilité établie.

AUTOGESTION : Acception révolutionnaire.

Inexistante. Toute autogestion, "vraie" ou "fausse" est capitaliste. Les révolutionnaires revendiquent la gestion ouvrière de l'économie (distribution comprise) à l'échelle nationale, internationale, mondiale. La classe ouvrière elle-même, à travers des organismes spécialement choisis à cet effet, détermine le projet de production ou plan, par rapport à la nécessité historique urgente de la suppression du travail salarié, début obligatoire de la disparition du capitalisme et des classes. Ce qui constitue aujourd'hui » (Etats-Unis, Russie, Chine et autres pays sans exception) la plus-value ou temps de travail non payé aux ouvriers, gratuitement réalisée pour le capital, irait alors , en partie à la consommation immédiate, en partie à la création de nouvelles sources de production — et non à des investissements de capital – le tout toujours décidé et étroitement surveillé par les représentant librement. L'élus de manière que chaque individu ou groupe d'individus soit en condition de vérifier comment le produit social destiné à la consommation immédiate est distribué et ce qu'il advient du produit non consommé.

Nous nous trouvons à mille lieues des tromperies verbales, magouilles organiques, pressions économiques et policières de l'autogestion. Entre le capitalisme, quel qu’en soit la forme, et l'organisation du socialisme immédiatement après la révolution, les mutations qui les distinguent sont plus grandes qu'entre le singe et l'homme. La chaîne qui maintient l'ouvrier comme esclave et l'humanité entière aliénée est faîte de travail salarié. Il ne s'agit pas de la renforcer avec des primes, des supposées participations aux bénéfices et d'autres prétextes qui obligent l'ouvrier à intensifier son travail pour gagner un peu plus, sans qu'il ne soit jamais maître des produits. Non, la révolution permet à la classe entière de consommer plus, sans vendre sa force de travail, d'augmenter la production en diminuant le temps qui lui est consacré. Les applications techniques peuvent mener jusqu'à l'automation complète de tous les moyens de*.production non directement liés aux cycles annuel agricole. Il n'y a pas révolution là où l'homme n'est pas maître de son travail et par conséquent des produits de ce travail.

13.   ANTI-IMPÉRIALISME : Acception truandée

Commence où finit ce qui est révolutionnaire. Sous couvert d'une lutte contre un impérialisme, en général le yankee, agit en faveur d'un autre, en général le russe, mais ce peut être également le chinois ou d'autres encore. Historiquement cette désignation apparait comme le résidu immédiat de la victoire du stalinisme en Russie, la suscitant comme tendance pseudo — révolutionnaire, et la fomentant entre les deux guerres. Inaugure officiellement une politique de puissance capitaliste au sein d'autres encore plus fortes, qui avec le temps et l'aide abondante des États-Unis octroya à la Russie le rang de seconde puissance impérialiste.
Ce n'est pas la première fois, peu s'en faut, qu'un pays impérialiste ou désirant l'être, dit, agit et contribue à la lutte armée contre d'autres pays dont il convoitait la domination économique ou territoriale. A l'aube du capitalisme, ce fut la lutte de la France et de l'Angleterre contre l'Espagne, en mer, en Europe et en Amérique. L'Angleterre elle-même et les États-Unis, alors en position d'aspirant appuyèrent à l'aide d'armes et de rhétorique propagandiste que l'indépendance de toute l'Amérique Latine où bientôt l'impérialisme britannique allait être dominant. Les États-Unis provoquèrent la lutte à leur tour contre ce dernier et à la fin du siècle devaient déclarer la guerre à l'Espagne et allait " mettre la main sur les Philippines et Cuba au nom de la liberté et de la souveraineté nationale. Hitler en personne s'élevait d'indignation contre " les ploutocrates " qui s'étaient partagés le monde sans rien laisser à l'Allemagne, c'est ce qui lui valu la sympathie de presque tous les nationalistes, depuis Perón jusqu'à Soekarno en passant par les leaders arabes. Il y a peu de temps encore, nous avons vu la France, à peine relevée militairement en Indochine par l'armée yankee, entonner son couplet anti-impérialiste. En somme, 1'anti-impérialisme n'est qu'un aspect du combat inter-impérialiste. Lorsque ce combat se concrétise en guerre mondiale, l'anti-impérialisme se trouve de fait absorbé par l'un ou l'autre camp.
Ce qui caractérise les anti-impérialistes de maintenant est leur charlatanisme révolutionnaire en même temps qu'un esclavage total par rapport aux intérêts, aux notions et aux méthodes du capitalisme décadent et corrompu jusqu'à la puanteur. Ils prétendent construire des nations souveraines et grandes, ce qui fut l'oeuvre du capitalisme ascendant, alors qu'aujourd'hui il est urgent de supprimer les frontières et d'enfouir dans le passé toutes les grandeurs nationales ; ils sont fiers de leur patrie tout comme le bourgeois le plus obtus le patriotisme étant l'un des pire toxique ide vieillie réaction à extirper des consciences aliénées ; ils projettent l'industrialisation par l'étatisation de l'économie -ce qu'ils nomment socialisme et quand ils arrivent au pouvoir ils établissent des méthodes de travail et d'exploitation encore plus dures que leurs prédécesseurs ; en somme ils parlent de révolution quand ils ne sont qu'une nouvelle réaction. Ils se trompent même là où ils sont sincères, car en retard de plus d'un siècle : l'aspiration à constituer une nation indépendante. Ils ne peuvent développer leur industrialisation capitaliste, ou ne serait-ce que la faire vivoter, qu'en se pliant à la puissance impérialiste occidentale ou orientale.
Rompre cette puissance est une impossibilité physique à moins de liquider la contradiction capital-salariat en faveur du second terme, seule souveraineté révolutionnaire et clef de la souveraineté de chaque individu dans une civilisation communiste mondiale. Mais ces messieurs appartiennent au facteur capital de cette contradiction. La seule chose qu'ils peuvent faire est de canaliser vers d'autres caisses capitalistes la plus—value arrachée aux travailleurs de leur pays sans compter celle qu'ils s'approprient directement. Même ainsi, la puissance économique internationale du capitalisme le plus fort, celui des États-Unis, récupère par mille chemine scabreux une partie de la plus-value absorbée par des tiers, même lorsqu'il s'agit de la Russie ou de la Chine. Les messieurs anti-impérialistes ne peuvent échapper à la condition d'agents du grand capital international.
Mais bien avant d'arriver à ces résultats, et même sans les obtenir, ils ont déjà rendu à l'impérialisme du dollar d'une part, à celui de la contre-révolution russo-chinoise d'autre part, le plus précieux des services : refuser la lutte de classe prolétarienne internationale par l'adoption de la lutte entre capitalistes. Amis ou ennemis, le jeu se joue entre truands.

ANTI-IMPÉRIALISME : Acception révolutionnaire

Inexistante dans un sens strict car les travailleurs de chaque pays, y com­pris les plus saccagés par un impérialisme, ont comme ennemi de classe immédiat leurs exploiteurs compatriotes, à travers lesquels seulement ils peuvent porter préjudice au capital impérialiste et susciter l'action du prolétariat des pays exportateurs de ce capital impérialiste. C'est la lutte du monde du travail contre le capital national et international qui, le détruisant, achèvera l'impérialisme. Les révolutionnaires doivent se dépouiller de tout attribut national, se débarrasser des tares patriotiques comme des poux, afin d'être à même d'organiser partout la rébellion des salariés.
" Toute lutte nationale est réactionnaire. Colonies ou métropoles, Russie ou États-Unis, les exploités doivent avoir pour objectif universel immédiat le combat pour la prise du pouvoir, l'expropriation du capital privé ou étatique, la socialisation internationale de la production et de la consommation " déclaré, le " Pour un Second Manifeste Communiste " du F.O.R.
Le problème posé dans des termes de classe (il n'y en a pas d'autres) les anti-impérialistes apparaissent corps et âme comme des menteurs, soldats volontaires ou mercenaires d'un autre impérialisme et pionniers d'une troisième guerre mondiale. Cela n'empêche pas qu'une partie d'entre eux soit à son tour trompée. De toute façon, un des premiers devoirs est de les mettre en évidence comme ennemis de classe du prolétariat. Ceux qui n'accomplissent pas cette tâche oublient, quand ils ne le trahissent pas complètement, le principe invariant : " Contre la guerre impérialiste, guerre civile. "
Rétorquer avec des textes de Lénine, Trotsky ou de la 3ème international est une pure tergiversation exégétique. Indépendamment des erreurs encourues dans ces textes - et pas seulement celles dues aux émasculations anti-impérialistes - les faits et coordonnées qui leurs servaient d'orientation ne sont plus valables aujourd'hui, ils ont changé ou disparu. Les coordonnées dont doit partir la pensée révolutionnaire dans l'actualité sont les suivantes :

1°) Le système de production capitaliste et sa distribution basée sur la vente de marchandises, dépasse les frontières et resserre sans cesse les amarres qui lient les faibles aux forts. Mais le monde est une seule entité économique à partir de laquelle on doit élaborer le projet révolutionnaire.
2°) Le cycle de la civilisation capitaliste est clôt et ses résultats- matériels sont suffisamment amples pour accomplir la révolution socialiste partout.
3°) La croissance industrielle des pays arriérés est toujours inférieure à celle des pays avancés sans que pour autant qu'on puisse parler de développement de la civilisation capitaliste, ni d'émancipation des premiers par rapport aux seconds. La concession formelle d'indépendance n'implique même pas un affaiblissement de la puissance impérialiste, fait politique important sur lequel comptaient les résolutions des trois premiers congrès de la 3éme Internationale.

4°) Les révolutionnaires des pays arriérés doivent baser leur tactique et leur stratégie en tenant compte du développement économique actuel et possible des pays lés plus industrialisés. Ils doivent viser, non à l'indépendance nationale, objectif réactionnaire, mais à l'unité d'une économie socialiste à établir dans tous les continents.
5°) Les révolutionnaires doivent agir comme si le monde entier était un seul pays.
6°) Toute lutte nationale est donc étrangère aux exigences de la révolution communiste mondiale et opposée à elle.


14.   GUERRE DE GUÉRILLA : Acception truandée
Prolongement militaire de la politique de puissance capitaliste mise en jeu par Moscou au son d'anti-impérialisme ou anti-fasciste, terme défini ci-dessus. L'introduction de ce changement ou mutation régressive eu lieu en sous-main, tout comme la transformation de la révolution russe en contre-révolution. Si cette dernière s'est révélée comme le fait réactionnaire le plus important de ce siècle jusqu'à présent, la guerre de guérilla a été un de ses instruments tactiques préférés, surtout là où l'instrument stratégique, l'appareil de guerre russe, n'entrait pas ou ne pouvait pas entrer en action.
L'instrument est toujours en consonance avec l'objectif historique. A l'objectif historique du prolétariat, la révolution mondiale, correspond l'organisation de sa propre rébellion comme instrument à partir des principaux centres sociaux, les villes. A l'objectif de la contre-révolution stalinienne, la domination territoriale ou commerciale d'autres pays, ne pouvaient correspondre que des «méthodes militaires, car elles sont aussi antithétiques à la lutte des exploités qu'adéquates à la lutte de ses exploiteurs.
Ayant compris cela, les hommes du Kremlin, en guise de première tentative, mirent Mao-Tsé-Tong en action une fois la révolution prolétarienne chinoise vaincue grâce à eux et au très intime collaborateur d'alors : Chiang-Kai-Chek. Tous les praticiens et théoriciens postérieurs de ce procédé, de Mao à Guevara en passant par Tito et Giap sont des cadets de l'État-major russe. Aussi, sont fonction d'intérêts et de projets contraires à la révolution communiste, les diverses désignations attrape-nigauds qui ont été données au procédé : GUERRE POPULAIRE OU RÉVOLUTIONNAIRE, ENCERCLEMENT DES VILLES PAR LA CAMPAGNE et des PAYS RICHES PAR LES PAYS PAUVRES, GUERRE DE LIBERATION NATIONALE, GUERILLA URBAINE.
Déjà Mao, et Tito en Europe, doivent leur pouvoir à la dernière guerre impérialiste; ce damier grâce à l'aide anglo-américaine plus que russe, l'autre grâce à l'abstention des États-Unis, qui reconnurent auparavant le droit, à Staline, d'étendre son influence en Chine. Tous ceux qui voudront prendre la peine de jeter un œil dans les bibliothèques de périodiques découvriront dans les journaux de l'époque le rapport d'un ambassadeur itinérant américain qui conseillait à son gouvernement de couper tout ravitaillement militaire et financier à Chiang-Kai-Chek, ce qui fut fait. Alors l'armée de Mao entreprit la promenade militaire que la propagande grossit par la s:ite pour la transformer en "longue marche". Les mouvements guérilleros et nationaux postérieurs sont invariablement, partout où ils ont eu ou auront lieu la conséquence de la guerre impérialiste et des préparatifs d'une nouvelle.
Les conquêtes territoriales et économiques de la Russie sont très importantes certes, mais celles des Etats-Unis le sont plus encore par la domination, sans la nécessité d'une occupation militaire stricte, de la quasi-totalité de l'économie mondiale. La Russie a atteint le niveau de grande puissance impérialiste en seconde, mais très en arrière de la superpuissance représentée par Wall Street, le "Pentagone et la Maison Blanche.  Nonobstant, les États-Unis ne se heurtent à la Russie qu'en tant-que grande rivale % prendre en considération. Pékin aura beau vociférer sur la complicité des deux puissances, la prochaine guerre mondiale, si elle a lieu, aura lieu entre elles principalement. Ceci dit, la disproportion du potentiel belliqueux et économique si défavorable à la Russie –sans parier ici de ses problèmes internationaux- lui impose une tactique à long terme, destinée à diminuer la disproportion en enlevant aux U.S.A. des positions stratégiques -, et économiques.
De là, l'appui aux mouvements anti-impérialistes, politiques ou de guérilla, quel qu’en soient les auteurs, quand elles ne les créent pas elle-même, du moment qu'ils causent des préjudices et des problèmes à sa rivale. Dans cet ordre tactique s'incluent des faits aussi différents que l'appui au Vietnam du Nord, au Pakistan, au monde arabe comme ensemble racial, l'accord avec la politique extérieure du gaullisme, les tractations politiques et financières avec l'Allemagne Fédérale, le protectorat russe sur Cuba, la vente d'avions et d'armes aux militaires grecs, la proposition faite au Japon de participer économiquement à l'exploitation de la Sibérie (cela étant dirigé également contre la Chine), la cordiale et rentable relation avec Suarte en Indochine, etc... Que la Russie et ses partis aient retiré leur appui aux guérillas en Amérique Latine (et Castro également) signifie seulement qu'elle peut tirer un profit plus important de l'anti-américanisme des militaires et oligarchies, pour le moment du moins. C'est ce qui apparaît clairement en Bolivie et au Pérou.
De toute façon, rien d'important ne peut arriver contre l'impérialisme du dollar, que cela provienne, .de gouvernants ou de détachements armés transformés en armée, sans que ce ne soit capté par la Russie. La Chine, qui s'égosille en voulant faire pareil, se verra frustrée. Ainsi la Corée du Nord lui échappe et à Hanoï sa voix est moins écoutée que celle de la Russie. On peut assurer que la Chine ne recueillera que .les miettes du festin inter-impérialiste dans la péninsule indochinoise... à Moins que les États-Unis ne lui laissent une place pour contrecarrer la pénétration russe.
Uniquement dans le domaine mondial de l'effort inter-impérialiste et comme travaux d'approche vers une autre guerre, on comprend l'apparition et la signification des guérillas, ainsi que leur transformation en guerres limitées. C'est une règle invariable, pour ne pas dire loi du mouvement historique lui-même, qu'elles ne surgissent qu'en absence d'une activité révolutionnaire des masses, ou alors immédiatement après leur écrasement. Mao entreprend ses activités militaires une fois la révolution chinoise liquidée avec sa complicité. En Grèce, en 1944, le stalinien Márkos fit de même après que son parti eut collaboré avec les troupes anglaises et personnellement avec Churchill pour étouffer dans le sang une insurrection qui réclamait "tout le pouvoir au prolétariat". Ho-chi-Minh liquida les armes à la main la commune de Hanoï, assassina ses principaux dirigeants Ta Thu Tau et Tran Van Tach, pactisa ensuite avec les troupes françaises pour liquider prioritairement les fugitifs de Hanoï, qui constituaient des groupes armés. En Indonésie, Tan Malaka et ses partisans, qui défendaient la révolution, furent encerclés et assassinés par une coalition de staliniens et militaires dirigés par Soekarno, philo-fasciste notoire. En Algérie, il ne se passait rien, si ce n'est la découverte d'importants gisements de pétrole dont la domination (Occident, Orient?) est en train de se décider. ..Enfin, à Cuba, Castro et Guevara entrèrent dans la Sierra Maestra avec de l'argent et de la propagande Yankee, sans rapport avec l'activité des exploités et en se montrant incapables de la susciter. Ce fut la fuite de Batista, imposée par 1'ambassadeur américain, qui entraîna la grève générale et permit à Castro de faire une entrée magnifique à la Havane. Quelques années plus tard, la joyeuse clameur de la multitude s'était transformée en pleurs.
Le cas de Cuba est certainement le meilleur pour corroborer ce qui a été dit précédemment. Castro et Guevara n'étaient pas des hommes de Moscou, mais des patriotes ordinaires et comme tels des bourgeois de formation et d'intention. Leurs projets démocratiques ne dépassaient pas ceux de Batista au début de sa carrière, quand il était sergent et qu'il pris le pouvoir. Mais ils se trouvèrent prisonniers de Moscou aussitôt qu'ils voulurent laisser tomber les béquilles de l'impérialisme du dollar. Pour l'État-major moscovite, son implantation à Cuba à eu line importance stratégique qui dépasse de beaucoup l'importance économique et à partir de là, pour les États-Unis également. Le parcours maximum qu'un guérillero peut effectuer va d'un centre de gravitation impérialiste à un autre.
Il faut préciser des aspects et des conditions concrètes de guérilla, dont l'abondante littérature de Far-West politique ne parle jamais. En premier lieu, ces guérillas n'existent pas dans un sens propre £voir acception révolutionnaire), mais en tant que pelotons armés venant de l'extérieur du pays ou préparés de l'extérieur, quand il ne s'agit pas d'armées permanentes. C'est une armée que constitua Mao-Tsé-Tong, dont la retraite était protégée par la frontière russe et par laquelle il était ravitaillé; même chose pour l'Algérie entourée de pays arabes; ce fut également une armée pour Ho-Chi-Minh, avec la Chine pour soutien et l'orographie si favorable de la jungle. Le contact avec une frontière complice est décisif pour les prouesses des guérillas "anti-impérialistes". Cela permet à l'armée de "libération", non seulement un soutien logistique constant mais aussi un refuge en territoire neutre lorsqu'elle est attaquée, pour réapparaître une fois hors d'atteinte. Sans la condition frontalière tout tombe à l'eau; c'est ce qui arriva à l'armée de Márkos Vafiádis, dit Márkos, dont les sanctuaires –comme on dit- se trouvaient en Yougoslavie. Lors de la rupture de Tito avec Moscou, les " Libertadores" se volatilisèrent.
C'est seulement dans les pays de faible extension territoriale, là où une seule bataille peut s'avérer décisive, que des détachements militaires ont la possibilité de prendre le pouvoir sans frontière-sanctuaire. De toute façon, leur existence dépend encore longtemps de l'aide en armes et en munition de l'extérieur et de la spoliation de la population. Telle est l'histoire jamais racontée de tous ces chefs guérilleros. Au sein même de ces détachements armés, et cette situation empirant au fur et à mesure qu'ils se transforment an armées, les relations sont des rapports de subordination complète devant le commandement auto-désigné, avec toutes les conséquences de discipline et de répression inhérentes au militarisme, jusqu'au droit de vie et de mort sur le soldat sans grade.
Le CHEF doit être révéré, respecté et obéi sans broncher; le CHEF doit être admiré par ses soldats comme un super-homme. Lui fabriquer cette auréole est un des principaux gobe-mouches du "guerrillerismes" actuel, comme on peut le vérifier dans le livre creux de Debray "Révolution dans la révolution", et même par le ton de la lettre de Guevara que son chef a faite connaitre 6 mois après sa disparition. Même si cette lettre est une falsification, chose probable, la manière dont elle a été écrite démontre l'architecture mentale de ses auteurs. Lorsque les travailleurs, dans une révolution, prennent les armes et combattent, ils établissent entre eux des relations de militants à militants, non de subordonnés à chef. C'est ce qui se passa dans les milices ouvrières espagnoles de 1936 et dans toute troupe révolutionnaire, depuis les "têtes rondes "anglaises.
Le recrutement de nouveaux soldats est une chose particulièrement infâme dans ce genre de guerre. Guerre imposée en réalité, les commandements ont recours à la violence et même à la terreur pour augmenter leurs effectifs. Même là où ils jouissent d'un certain nombre de recrues volontaires, comme en Algérie et au Vietnam, ils n'ont pas reculé devant des atrocités du type nazi –ou stalinien, ils se valent- en prenant des mesures de représailles contre les récalcitrants et leurs familles, contre des villes et des villages. En territoire français, le parti de la "libération" tortura et assassina des algériens d'autres partis et ceux du leur qui se refusaient à cotiser. Le nombre d'algériens ainsi envoyés au cimetière dépasse probablement celui des victimes de la répression française. Au Vietnam les méthodes de recrutement étaient les mêmes.
D'autre part, la dite guérilla urbaine est un strident contre-sens inventé exprès pour embobiner. Il s'agit, tout simplement, du terrorisme si pratiqué contre le tsarisme et autres tyrannies, et en Espagne même au 19° et au début du 20°. La similitude est pourtant de forme et non de fond. Le terrorisme du passé était pratiqués par des gens de bonne foi, irréprochables, qui assénaient leurs coups sur les responsables les plus hauts placés d'une tyrannie; ils ne prétendaient pas imposer leur domination et ne se donnaient pas les airs messianiques du terrorisme urbain actuel. Ce dernier est circonscrit dans le schéma de la guerre de guérilla "anti-impérialiste", etc... Il contribue consciemment à exacerber la répression gouvernementale et comporte des desseins tortueux aussi bien nationalement qu'internationalement. Leurs coups de main, rapts, assauts, attentats à la bombe, sans aucun rapport avec les problèmes du devenir historique, ne créent au sein de la classe ouvrière aucun, mouvement politique. Par contre, dans leur milieux les ambitieux font carrière.
Voilà ce que nous dit, sur le but de la guérilla, l'homme si souvent vanté au nom de Guevara :" La possibilité du triomphe des masses populaires en Amérique Latine apparaît clairement sous la forme de guerre de guérilla faite par une armée de paysans qui détruit la structure de l'ancien monde colonial". Après l'absurde "guerre de guérilla faite par une armée", ce qui nous est offert, c'est "l'encerclement des villes par la campagne", "des pays riches par les pays pauvres", c'est "la pensée Mao-Tsé-Tong" balbutiements de médium inspiré par Staline.
A partir d'une semblable niaiserie, l'émancipation du prolétariat n'est pas l'oeuvre du prolétariat lui-même mais ...des paysans. Les esclaves salariés seraient .secourus par le "minifundio" capitaliste. Telle est la découverte théorique de ces messieurs anti-impérialistes.
En fait, réaffirmons-le, il ne s'agit point d'une théorie ou d'un principe, mais d'une stratégie militaire dressée pour faire passer l'axe impérialiste de l'Ouest | l'Est. Les guérillas ne promettent l'écartèlement des latifundias en microfundias que pour les transformer ensuite en propriété capitaliste étatique, de même que pour les industries, les habitants de la campagne devenant ainsi des salariés. Loin d'être brisées les structures capitalistes sont par ce moyen réorganisées et revigorées au maximum. Si, laissant libre cours à l'imagination, après les quatre ou cinq Vietnam que demandait Guévara, nous assistions à l'effondrement de l'impérialisme américain, nous verrions également la plus-value mondiale, qui aujourd'hui afflue vers lui, changer de direction vers la Russie ou la Chine si les vicissitudes entre ces deux dernières se soldaient à l'avantage de la seconde.

GUERRE DE GUERILLA : Acception révolutionnaire
Inexistante à notre époque. Lorsqu'elle enlevait une dans le passé, elle fut révolutionnaire bourgeoise. Aujourd'hui dans le cas où l'armée d'un pays serait dé« truite par l'armée d'un autre pays qui s'installerait donc comme occupant, la défense nationale ne pourrait exister que par l'adoption de la forme de guérilla ou de résistance nationale. Celles-ci ne sont qu'un aspect irrégulier et provisoire de l'ancienne armée*. D'autre part, l'acceptation de la défense nationale a toujours été comprise par les révolutionnaires comme une désertion face à l'ennemi de classe. Ce n'est pas parce que "leur" pays a été vaincu et occupé qu'ils vont l'accepter dans sa forme irrégulière.
Faire partie d'une guérilla dans le "maquis", la forêt vierge ou la montagne, c'est pratiquer la même défense nationale qu'en s'engageant comme volontaire dans l'armée nationale. En poussant la rigueur théorique à l'extrême, la différence –pour aussi énorme qu'elle paraisse- entre la moins experte des guérillas et la guerre classique ou thermonucléaire est juste quantitative, d'aucune façon qualitative. Et l'aspect quantitatif diminue pour disparaître en définitive, en tenant compte que l'une peut entraîner l'autre et qu'elle servit d'avant-poste pour cela dans le passé.
Ce fut le cas de la résistance nationale yougoslave, française, italienne, polonaise, etc...Ainsi que de la nouvelle entente entre Mao-Tsé-Tong et Chiang- Kai-Chek pour Hitler "contre l'envahisseur" japonais et en même temps contre la révolution. A travers cette sorte de défense nationale, on passa à la défense nationale régulière et à la conservation d'un capitalisme qui n'avait plus aucun droit à la vie. C'est de tout cela que provient le bourbier dans lequel se trouve le prolétariat.
La guérilla est une méthode de lutte bourgeoise —.compatible avec le développement du capitalisme, l'indépendance nationale et la révolution démocratico- bourgeoise. Tel était sa raison d'être dans le passé, avec ou sans succès, et sans tenir coopte des cas particuliers comme celui des chouans, serfs contre la révolution française. Le cas le plus classique est celui des guérillas .espagnoles à partir de-1808, et qui donnèrent son nom à cette méthode. Au début (voir ce que Marx a écrit dans "la révolution espagnole") c'étaient "des groupes d'hommes volontairement unis pour accomplir des actions-surprises contre les troupes françaises et qui de dispersaient après chacune d'entre elles, chaque homme retournant à son travail quotidien. Lorsqu'elles furent permanentes et acceptèrent de se subordonner aux armées alliées Anglo-espagnoles, elles mitigèrent leur aspect révolutionnaire. Les dites guérillas aujourd'hui, n'ont rien à voir avec celle dont nous venons de parler. Comme à notre époque, il n'existe nulle part la moindre possibilité de révolution démocratico-bourgeoise, ni mène d'indépendance national les pseudo-guérillas deviennent l'armée si elles trouvent les facilités logistiques indispensables, apparaissent face au prolétariat, simplement et tragiquement comme un appareil guerrier conquérant lancé sur lui et donc comme une force policière.
En cette qualité, et par leurs objectifs nationaux et internationaux, les petits tyrans de la "guerre populaire" n'ont que la seule perspective de servir de pions dans la lutte réactionnaire entre blocs impérialistes. Les révolutionnaires ne peuvent sous aucun prétexte, se prêter à ces lugubres magouilles. Ils savent que via Moscou ou via Pékin, on fait le jeu de l'impérialisme américain, de la même façon que via Washington, on fait le jeu de Moscou et de Pékin. Car la préoccupation première des uns et des autres consiste à empêcher la révolution prolétarienne de se dresser, condition clé pour qu'ils puissent se disputer entre eux la domination économique et policière du monde.
Le bavardage anti-impérialiste devient donc un acte pro-impérialiste en général, et la démagogie sur la guerre révolutionnaire une guerre impérialiste locale.
Les guérillas comme celles qui se formèrent en Espagne juste après la victoire de l'année franquiste méritent une autre appréciation. Elles n'obéissaient pas à un projet perfide et elles n'exhibaient aucune prétention de libération. Elles furent, tout simplement, le produit de l'instinct de conservation. Ses membres ne pouvaient pas sauver leur vie d'une autre façon. Et lorsque, la tuerie de 1939-45 finie, le stalinisme essaya de les utiliser pour ses propres objectifs, selon le modèle de la résistance, de la défense nationale, il fit tout ce qu'il put pour les maintenir et les agrandir artificiellement, au lieu de sauver ses hommes. Il y introduisit le venin de sa propre fausseté et aggrava la répression franquiste. Ce fut un des épisodes les plus abominables du stalinisme espagnol, et il n'en est pas avare
.
Enfin et indépendamment de toute considération politique, les guérillas n'ont pas d'application durable dans les conditions guerrières du monde. Encore plus quand il s'agit des pseudo-guérillas manipulées par Moscou ou Pékin ou leurs partisans. La révolution communiste est un processus d'apprentissage combatif et idéologique des exploités, qui doit se faire obligatoirement sur les lieux de travail et en relation directe avec la suppression du caractère capitaliste des moyens de production, ce qui n'a rien à voir avec la nationalisation comme nous l'avons vu antérieurement. Un des premiers apprentissages dans cette direction, c'est que Moscou et Pékin représentent la face orientale de l'ennemi de classe, à combattre avec autant d'acharnement que la face occidentale. Les mesures que prendrait.-, une révolution communiste en Russie Au en Chine ne se distingueraient en rien d'important, et disons le bien fort, en rien d'économique, de celles qu' prendrait aux u.s.a. ou dans d'autres pays. Devant cette tâche, les vœux d'une révolution purement politique en Russie et pays frères, avec lesquels un trotskysme sans nerf et au crâne vide nous fait bailler, sont un vain chuchotement réformiste.

15.   SOCIALISME A VISAGE HUMAIN : Acception truandée
Une des dernières nouveautés tapageuses mise an circulation par la truanderie politique contemporaine. On ne peut pas dire si elle provient d'une cervelle stalinienne ou de ses alliés "progressistes" occidentaux. Peu importe. Il faut remarquer par contre, qu'il s'agit d'une reconnaissance explicite de la nature bestiale des régimes dits à tort socialistes. Elle était en pleine vogue pendant le court laps de temps où Dubcek a exercé le pouvoir en .Tchécoslovaquie. Elle a des partisans partout où le stalinisme domine, même en Russie et en Chine et elle jouit presque de l'unanimité du stalinisme non-gouvernant. Pour l'un, c'est un obstacle politique à mettre en branle face à une attaque du prolétariat, pour l'autre c'est un excipient pour faire avaler sa drogue aux travailleurs qui se méfient de lui, et surtout aux organisations bourgeoises qu'ils pensent utiliser comme marche-pied avant de les absorber, car ils croient pouvoir dominer la classe ouvrière, quoi qu'ils fassent et quoi qu'ils disent, par la force de l'encadrement syndical et policier. Exemple : avec son masque humain, Santiago Carillo a atteint la "hauteur" (Carillo dixit) d'un "pacte pour la Liberté" avec les proches collaborateurs et ex-ministres du plus grand assassin parmi lesquels Ruiz  Sinenez n'est pas le pis. Avec son vrai visage il aurait du se contenter de quelques charognes déplumées.

On ne peut pas juger le stalinisme par ce qu'il dit, mais par ce qu'il fait quand il est au pouvoir. Dans aucun pays où il gouverne il y a la moindre liberté, ni pour les travailleurs, ni pour personne. La grève est beaucoup plus difficile et entraine des conséquences plus graves que sous Franco (récemment : Pologne). Même dans la Tchécoslovaquie de Dubcek il n'y a pas eu un seul jour de liberté pour la classe ouvrière et les révolutionnaires durent rester dans la clandestinité. Le "Printemps" si célébré n'a pas permis l'éclosion de quoi que ce soit de contraire au capitalisme existant. Mais les sociaux-démocrates qui ne cherchaient qu'à servir l'Etat sans à avoir peur des répressions futures, furent contenus. Et s'il y a des travailleurs et des révolutionnaires en général qui prirent certaines libertés, pas un seul jour elles ne furent légales. La liberté permise était pour renforcer la domination bancale du Parti; Dubcek et les  siens le répétèrent presque chaque jour. Loin de tout cela, ce dont il s'agit pour la liberté révolutionnaire du prolétariat, de tous ceux qui ne sont pas des réactionnaires staliniens ou classiques, c'est de détruire ce Parti, son Etat, son capitalisme. Pour couper court à un mouvement qui aurait pu aller jusque là, les divisions blindées russes envahirent la Tchécoslovaquie.

SOCIALISME A VISAGE HUMAIN : Acception révolutionnaire
Inexistante. Non seulement il y a redondance lorsqu'on dit socialisme à visage humain, ou encore socialisme libertaire, mais cette redondance est une mystification dans la bouche de ceux qui prétendent que le système de propriété des pays de l'Est est socialiste. Si un jour l'un de ces pays décrétait et respectait les libertés appelées "droits de l'homme", ça n'en serait pas moins un système capitaliste démocratique basé, comme tous les autres, sur la liberté d'exploiter le travail salarié. La propriété socialiste, au contraire, commence par la suppression de cette liberté dont l'existence donne aux instruments de production leur nature capitaliste, quelque soit l'étiquette dont se dote, le pouvoir. Tous les amis du stalinisme attendent ce jour comme celui de leur propre rédemption, certainement pas celle du joug de l'exploitation qu'ils ne subissent pas, mais des trahisons, des crimes qu'ils ont commis avec lui ou qu'ils ont couverts. De là leur extase devant le "socialisme à visage humain".

Il est exclus qu'un tel cas se présente. La période historique que nous vivons et la nature étatique du capitalisme oriental n'empêchent pas l'existence stable d'une démocratie capitaliste. Elle pourrait par contre apparaître comme moment d'indécision entre le combat révolutionnaire du prolétariat, qui se trouve sûrement en gestation, et la contre-révolution gouvernante. Elle disparaîtrait pour laisser place à la situation antérieure ou pour céder le pas à la révolution communiste. L'odieuse caste dictatoriale ne l'ignore-pas ; c'est pourquoi elle laisse subsister en son sein les tendances dites humaines, bien qu'en les écartant car demain, lorsque les masses en rébellion les assiégeront, elles seront l'ultime recours contre elles.
Le socialisme n'a pas à se justifier en se disant à visage humain ou humaniste. Nous laissons cela aux gens placés dans la hiérarchie qui sont dans la possibilité d'exercer sur les hommes, dans le travail, dans la vie privée et politique, un pouvoir coactif plus ou moins limité en droit ou discrétionnaire. Le socialisme , c'est beaucoup plus que cela; c'est l'homme, débarrassé de toutes les entraves sociales et mentales imposées par d'autres hommes, c'est la liberté à partir du premier souffle d'existence pour l'égalité complète des possibilités, c'est l'impossibilité de devoir vendre sa force de travail et de création pour vivre, c'est l'épanouissement de chaque individu par sa participation dans le ou les travaux qu'il désire, c'est la liberté et la démocratie devenues une exigence fonctionnelle de la civilisation, c'est l'humanité en possession de ses facultés cachées et aliénées. Telle l'énergie de l'astre diurne ou telle l'apparition de la vie sur la Terre, il n'a pas besoin de se justifier et ne reconnaît aucun Dieu. Tout le reste n'est que tromperie.
( Traduction: d'Alarma n°14 -15-16 -17 ancienne série 1971)